L’éternité s’assemble lentement, par instants


« L’instant » ©Philippe Quéau (Art Κέω) 2026

Quand la conscience vraiment veille, me vient une connaissance, et cette connaissance est une naissance. Si vous ne pouvez la recevoir, ayez au moins le désir de l’apercevoir ; si vous ne pouvez pas non plus avoir ce désir, désirez au moins en avoir le désir ! Je m’inspire ici de David, qui disait: « Elle est brisée, mon âme, de désir. »1 Le désir de quoi? Le désir de se détacher. Le détachement n’est pas le contraire du désir, c’est son attente, et sa condition. Le détachement vole bien au-dessus de l’humilité. L’humilité va vers le bas, elle tend à la destruction du moi, à l’éteindre devant les choses et les créatures. Elles existent donc encore pour lui, puisque le moi s’y rapporte et s’y compare. Le détachement, lui, fait l’apprentissage du néant. Il en cultive l’essence, qui est de n’en avoir point. Il apprend à vivre en cette absolue absence, et à la faire vivre, elle aussi. Le détachement ne veut pas ceci ou cela, il veut seulement que l’on soit un avec l’absolue absence. Être ceci ou cela, on ne le veut pas, on ne le veut plus. Celui qui veut être, il veut être quelque chose, ou quelqu’un. Mais si l’on se détache, on veut n’être rien, on veut être vide, pour se préparer à tout. Dans ce détachement, dans ce vide, l’esprit se tient impassible devant tout ce qui arrive, il est comme un roc aigu caressé par une brise légère. Être vide de tout, cela veut dire être plein de tous les possibles. L’âme ainsi vidée va vers son fond, qui est son état non le plus bas, mais le plus haut et le plus sombre. Étant vide, elle n’a rien en elle avec quoi elle puisse reconnaître ce fond. Au moins reconnaît-elle qu’elle ne se connaît pas. Elle ne sait pas qui elle est, elle ne sait pas ce qui l’attend. Se verrait-elle en pleine lumière qu’elle ne se reconnaîtrait pas non plus. C’est en ce fond, ce fond si profond, que la conscience s’engendre, que l’esprit sourd, comme sourd une source oubliée. Pour que la conscience coule, libre, il lui faut se vider, comme un désert est vide de toute eau apparente. Quand l’âme est devenue vide, le moi lui-même lui paraît étrangement étrangère. L’âme se sépare donc du moi, ainsi que de toutes choses. Elle se sépare du temps et des mondes. Il lui reste son désir, non le désir de quelque chose, ou de quelqu’un, mais l’amour ‒ tout court. Elle veut absolument y entrer. Elle laisse sa mémoire à des temps plus anciens, elle cède sa volonté pour ce désir, elle abandonne tous ses savoirs pour mieux voir ce désir vivre en elle. Elle veut se fondre, se perdre, en ce sans-fond. Elle n’est plus qu’un point anéanti en ce fond infini. Ce point, elle s’y accroche, comme en varappe, lorsqu’on se tient par la pointe d’un pied sur une vire, et que l’on scrute la paroi, vers les sommets, vers la brume. C’est alors peut-être que l’on comprend l’essence de la montagne. On saisit sa vie sous le granit. L’âme discerne qu’il lui faut sortir de soi, pour devenir montagne, ou bien son abîme. Elle ne veut plus rester en elle-même, ni même en son fond. Il y a maintenant l’évidence de ces mondes qui s’ouvrent infiniment. Elle a conscience de leurs ouvertures subreptices, ou miroitantes. Plus elle en a conscience, plus son désir d’aller vers l’avant ou vers le fond s’accroît. Elle s’oublie, pour se perdre en dedans. L’essence de l’abîme a séduit l’esprit, elle l’a élevé et rendu semblable à elle, en sorte qu’il n’apparaît plus là qu’un seul abîme, une seule essence. L’esprit a perdu son contenu, mais non son essence. L’être de l’abîme l’a absorbé, en sorte qu’il ne reste plus rien de vivant en lui que la petite étincelle, « la fine pointe » de la conscience. Toutes choses, et la divinité elle-même, sont devenues un rien, pour ce rien qu’est l’âme. C’est un fait que l’esprit ne trouve jamais son fond dans son essence.2 A quoi sert l’essence ? Sa vocation n’est pas d’être exprimable, mais de persévérer immuablement en elle-même, et même, si nécessaire, en dehors d’elle-même, en dehors de l’être. L’essence devient lentement manifeste à elle-même, elle se sépare d’avec la mémoire, l’intelligence, la volonté, toutes ces manifestations, non essentielles, de l’être. L’impuissance de l’être à incarner sa propre essence est en même temps sa plus haute puissance. Sa puissance au sens propre: elle lui ouvre tous les possibles, qui se manifestent à lui.

Il y a trois choses qu’il faut comprendre. Il y a la source éternelle de l’être, et des êtres; il y a le flux de leurs formes, de leurs idées, de leurs essences; et il y a l’amour qu’elles inspirent, ou dont elles s’inspirent. Cette source, ces flux, ces aspirations et inspirations, forment comme un fleuve immense qui s’écoule en lui-même. Se connaît-il ce fleuve? Il peut ressentir sa nature, et la connaître ainsi d’une certaine façon; quant à se connaître vraiment lui-même, non, il ne le peut pas, il n’a pas de fin. Quand l’âme plonge au fond de son abîme, ou quand elle se tourne vers ce ciel abyssal, elle laisse tout derrière elle ‒ mémoires, images, formes, idées. Elle se fait plus semblable à ce néant initial, qui est essentiellement sans forme, sans image, sans idée. Elle entre dans la secrète nature de l’abîme, elle y pénètre en tant que rien allant vers le rien, le rien de la nature des choses ; elle va là où personne ne peut aller à moins de s’être dépouillé de toute matière, de toute forme, de toute idée ‒ et de l’esprit même. Il lui faut aller au-delà de toute connaissance, au-delà de tout ce que l’entendement peut saisir. En étant débarrassée de toutes ces choses, ayant retiré tous leurs voiles, elle prend conscience de la puissance du mystère. A propos de cette haute connaissance qu’a l’âme de ce secret, Job a jadis dit ceci : « J’ai eu une révélation furtive, mon oreille en a perçu le murmure, au moment où les rêves confus agitent l’esprit, quand la torpeur envahit les humains, un frisson d’épouvante me saisit et remplit tous mes os d’effroi. »3 Mais je n’ai pas peur. Mes os se tiennent tranquilles. Je frissonne, oui, mais de désir. Mes rêves obscurs ont laissé place à des visions éclatantes. Les murmures des âges anciens s’assourdissent en symphonies lentes. La lumière s’éveille vive, et l’éternité s’assemble en moi, par instants.

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1Ps 119,20

2Cf. Maître Eckhart. Sermons-Traités. « Des deux chemins ». Traduction de l’allemand par Paul Petit. Gallimard. 1942, p.98

3Job 4, 12-14

Non l’extase, mais ce qui extasie


« Non l’extase » ©Philippe Quéau (Art Κέω) 2026

Son seul et unique but était de « trouver la Réalité elle-même, pour y participer à jamais » i. Hallâj se sépara sans cesse de l’éphémère et de tout ce qui dure, du sensible et de l’intelligible, de tout ce qui est concevable et de l’inconcevable. Il fallait atteindre la Réalité, pour connaître la Vérité (al-Haqq). Mais qu’est-ce que la Vérité? Question ancienne, toujours répétée, jamais élucidée. Pour y répondre, il faudrait pouvoir dépasser la « science des cœurs », laisser derrière soi « les mouvements de l’âme », et aller bien au-delà ii. L’Esprit, le véritable Esprit, les transcende en effet, et de loin ! L’âme est myope, et même aveugle, alors qu’il s’agit de voir. Le cœur est sourd, alors qu’il faut entendre. L’intelligence reste dans l’ombre, quand l’enjeu est de comprendre autrement. C’est un long chemin, en vérité, que la vérité. Il faut partir, il faut tout quitter, puis il faut monter. Dans cette montée, la lumière elle-même nous aveugle. Il faut avancer dans cette cécité. Les étoiles égarent, dans la nuit sans guide.

Hallâj savait avec une certitude absolue que seul l’Esprit divin peut « réaliser » le désir d’union avec Dieu. Toutes les prières que la pratique religieuse recommande, les protestations d’adoration ou de renoncement, aussi sincères soient-elles, sont inopérantes. Il n’y a que l’Esprit qui peut accorder à l’homme ce don de soi, ce sacrifice efficace, qui est l’unique voie réellement divine. Mais où chercher Dieu ? Comment Le connaître ? Comment le rejoindre et s’unir à Lui ? Il faut d’abord passer outre toute volonté propre. Le moi doit reconnaître l’existence de la transcendance absolue, et l’incapacité humaine à seulement la nommer, ou à la reconnaître. Il faut « plonger et noyer son intelligence » iii, et laisser la transcendance seule, à notre place, « vouloir au fond de notre cœur » iv, et se tenir en ce lieu, là où « Elle ne peut se fixer à demeure »v que « si Elle ne le transforme »vi. Ce lieu, le cœur (qalb), est l’essence de l’homme. Le qalb recèle en lui un vide intérieur, un creux central (jawf), lequel est le lieu de la conscience. L’homme est ce creux, et plus précisément le « secret » (sirr), sis en ce creux. Seul Dieu connaît ce secret. « Il connaît ce qui est caché en vous »vii . « Il connaît les secrets, même les plus cachés »viii. En ce creux secret du cœur, flotte obscurément, confusément, un amas d’illusions, de pensées et de désirs. Cet amas en agitation constante porte le nom nafs ‒ l’âme.ix L’âme est donc une sorte d’embryon sans consistance propre ; elle a besoin en permanence de l’intervention des puissances divines, et de la conscience humaine, pour vivre et croître. Dieu réitère à tout moment l’impulsion créatrice qui mit initialement le cœur en branle. L’Esprit a insufflé un premier souffle de vie dans le cœur, le véritable centre de l’homme, le lieu intérieur de sa personne immortelle. Le souffle divin donne la vie, et l’aptitude à la foi. La foi unifie l’âme (nafs), l’illumine et la constitue comme conscience. Elle témoigne de sa vocation primordiale. Celle-ci a été révélée au jour de l’Alliance (mîthâq), quand « le Dieu » (littéralement: Al-Lah) a demandé aux fils d’Adam de témoigner de leur propre âmex, de prendre conscience de cette âme même, en reconnaissant « le Dieu » comme leur « Seigneur » (Rabbi). C’est à ce moment que fut proclamée la liberté et l’autonomie de la raison humaine, et que fut reconnue sa capacité à se penser elle-même, par elle-même ‒ en pensant Dieuxi. Dès lors, le cœur « porte le poids » de la foi (al-amâna). Il est le lieu même où l’homme doit comparaître devant Dieu. L’homme doit viser uniquement à s’unir à Lui ‒ par son cœur (qalb), par son esprit (rûh), par sa raison (‘aql). Il est déjà uni, provisoirement, à son corps charnel, en tombant dans l’esclavage de la matière (raqq al-kawm). Mais s’il en reste esclave, il encourt le mépris divin. La création de la matière et des créatures a représenté une « humiliation » (volontaire) de la pensée divine : il faut la reconnaître, la relever et l’honorer. Car cette humiliation est métaphysiquement insupportable, elle ne peut pas durer éternellement. Dieu continuera de « mépriser » la matière, du moins tant que l’esprit ne la transfigurera pas. « Le secret de la création, c’est que Dieu est humble »xii. Il est humble parce qu’il s’est humilié en créant l’homme, et cela pour viser une plus grande gloire ‒ la transfiguration de cette matière, de cet humus, en un Esprit de sainteté. L’homme, initialement esclave de la matière, a aussi reçu la liberté de l’esprit, et il a vocation à s’affranchir de l’esclavage, par la contemplation. « L’ultime enveloppe du cœur, au-dedans de la nafs, appétit concupiscible, c’est le sirr, personnalité latente, conscience implicite, subconscient profond, cellule secrète murée à toute créature, ‘vierge inviolée’. Tant que Dieu n’a pas visité le mystère (sirr), que ni ange, ni homme ne devine, la personnalité latente de l’homme reste informe : c’est la sarîra [mot formé à partir de la même racine SRR que celle de sirr], sorte de ‘pronom personnel’ incertain, de ‘je’ provisoire : annî, annîya ; huwî, huwîya : une heccéité, une illéité. »xiii L’homme doit enfin renoncer à cette ultime enveloppe, à ce sirr, qui est le secret de sa conscience ; il doit renoncer à sa personne, à son ‘je’, à son propre ‘pronom personnel’, et à sa ‘conscience’ (ḍamîr)xiv, pour atteindre Dieu qui est le Sirr al-sirr, le Ḍamîr al-ḍamîr. C’est alors que Dieu féconde l’âme, et y fait pénétrer le véritable ḍamîr, le vrai pronom de la personnalité ultimexv, celle qui possède véritablement « le droit de dire Je [Annî]. »xvi « Or la réalité est réalité, et la nature créée. Rejette donc loin de toi la nature créée, pour que toi, tu deviennes Lui, et Lui, toi, dans la réalité ! Car, si notre ‘je’ est un sujet exprimant, l’Objet exprimé [Dieu] est aussi un sujet exprimant. Or si le sujet, ce faisant, peut exprimer son Objet selon la réalité, a fortiori l’Objet l’exprimera selon la réalité !»xvii Dieu est le créateur (khâliq) initial et permanent de l’individu et de tous les événements qui caractérisent sa vie, l’auteur de toutes ses actions. Il les a créées d’avance, comme un tout, et les distribue jour après jour à chaque homme comme des « provisions de voyage » (arzâq), comme autant de ressources qui lui permettent d’agir pendant sa vie. Avec l’ensemble des arzâq, qu’on pourrait traduire par le mot « providence », Dieu est Celui qui fait vivre et mourir (en arabe: muhyî, mumîi). Mais ces ressources providentielles sont momentanées, éphémères, contingentes. Elles n’entrent dans le cœur de l’homme que de façon gratuite, arbitraire, imméritée. C’est bien le cœur qui est le principe de la science et de la conscience, non les arzâq. Il revient à l’homme de se saisir lui-même, en son cœur (qalb, ou taqlîb), pour construire son unité mentale, pour tisser son âme, pour former sa conscience, son véritable ‘Je’ (ḍamîr). Il lui revient de persévérer sans cesse dans son effort de mémoire (dhikr), d’intelligence et de volonté. La grâce (latîfa), quand elle saisit l’homme et qu’elle le sanctifie, ‘fait venir à l’idée la Vérité’ (khâtir al-Haqq) ; celle-ci s’impose à la pensée, et devant elle aucun doute ne s’élève plus dans la conscience du sage. Les sûfis disent que l’inspiration divine transfigure (tasarruf) le cœur en profondeur, et dirige ensuite son évolution ultérieure. Le but final de la vie mystique n’est donc pas la possession spéciale de tel ou tel état, mais « une disposition générale du cœur à rester malléable, constamment, à travers la succession de ces états ».xviii Hallâj ne repousse pas la réalité des « états » mystiques, mais il refuse de s’y complaire, et de s’en satisfaire. Ces « états » ne sont que des étapes transitoires. Ce qui lui importe réellement ce sont les « touches divines » (tawâli‘, bawâdî) dont ces états ne sont que les indices. Il les appelle aussi dawâ‘î, les « appels » [de Dieu], ou encore shawâhid, les « témoignages » incessants qui incitent le cœur à passer outre, et « à aspirer à Dieu par des aspirations [arwâh et anfûs – mots formés sur la même racine que ruh et nafs], en se dépouillant de ces états eux-mêmes, en se dénudant de plus en plus, pour joindre Dieu qui est là et qui l’appelle. »xi Il faut se détacher de tout ce que l’on fait, pour s’attacher à Celui pour qui on fait ce que l’on fait. Ce détachement doit s’appliquer aussi à l’extase (en arabe, « wajd » : ce substantif est le nom d’action du verbe wajada, « trouver », et possède de nombreuses acceptions: « Richesse, opulence; joie, allégresse; amour ardent; extase »). Hallâj « se refuse à goûter une secrète délectation de l’âme, un rêve solitaire, un loisir d’aimer Dieu hors de la vie réelle. Il estime que le ravissement, istilâm, est une purification et non une destruction de la mémoire ; que l’illumination, tajallî, est une transfiguration, et non un stupéfiement aveuglant de l’intelligence ».xx L’extase elle-même ne lui est rien d’essentiel, au fond. Ce qui importe c’est « Celui qui, dans l’extase, extasie »xxi.

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iLouis Massignon. In La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj, Tome III. Tel-Gallimard, 1975, p.12

ii« Dieu est au-delà des âmes (nafs), car l’Esprit (ru) les transcende de toute sa primauté ! L’âme n’implique pas l’Esprit. Ô vous, que votre âme aveugle, si vous regardiez ! Ô vous, que votre vision aveugle, si vous saviez ! Ô vous, que votre science aveugle, si vous compreniez ! Ô vous, que votre sagesse aveugle, si vous arriviez ! Ô vous, que votre arrivée même aveugle, si vous L’y trouviez ! Vous vous aveuglez pour toujours sur Celui qui subsiste à jamais. » Hallâj. Shath. f° 131, cité par Louis Massignon. La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj, Tome III. Tel-Gallimard, 1975, p.12, note 4.

iiiHallâj. Tawâsîn V, 10. Traduction par Louis Massignon. In La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj, Tome III. Tel-Gallimard, 1975, p.318

ivHallâj. Tawâsîn III, 11. Ibid. p.310

vHallâj. Tawâsîn XI, 15. Ibid. p.342

viHallâj. Tawâsîn XI, 23-24. Ibid. p.343-344

vii« Ya‘lamu sirra-kum« . Qur’an 6,3

viii « Ya‘lamu sirra wa ’akhfâ« . Qur’an 20,7

ixLouis Massignon. In La Passion de Husayn aibn Mansûr Hallâj, Tome III. Tel-Gallimard, 1975, p.19

x« Ashada’himalâ ’anfusi-him« . Qur’an 7,172

xiLouis Massignon. Ibid., p.116-117

xiiLouis Massignon. Ibid., p.25, note 5.

xiiiLouis Massignon. Ibid., p.26

xivLe mot ضَمير, amîr, désigne en arabe à la fois le ‘pronom personnel’ et la ‘conscience’.

xvHallâj théorise ainsi le « vrai pronom sujet » dans son Tawâsîn, IX,2 : « Le vrai pronom sujet, de la proposition (attestant que Dieu est un), se meut et circule à travers la multiplicité (créée) des sujets. Il n’est inclus, ni dans le sujet, ni dans l’objet, ni dans les affixes de cette proposition ; son suffixe pronominal appartient en propre à son Objet ; son h possessif, c’est son « Ah ! » à Lui (à Dieu) ! Et non pas à cet autre h, lequel ne nous rend pas croyants monothéistes. » [Le h se réfère ici au suffixe qui, en arabe, est la marque du pronom possessif]. Traduction par Louis Massignon. In La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj, Tome III. Tel-Gallimard, 1975, p.334

xviIbid.

xvii« Dieu lui dit [à Moïse] : ‘Tu guideras vers la preuve, non vers l’Objet de la preuve. Pour moi, Je suis la preuve de toute preuve’ : Dieu m’a fait passer par ce qu’est la réalité. Grâce à un contrat, un pacte et une alliance. Ce que j’ai constaté, c’est mon subconscient, mais non plus ma personnalité. Cela, c’était toujours mon subconscient, mais celle-ci, c’est la réalité. Dieu a énoncé avec moi, venant de mon cœur, ma science. Il m’a rapproché de Lui après que j’étais resté loin de Lui. Il m’a rendu son intime, et Il m’a choisi. » Hallâj. L’Éloge du Prophète, ou la métaphore suprême (Hâ-Mîm al-qidam) III, 8-12. Traduction de Louis Massignon. In La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj, Tome III. Tel-Gallimard, 1975, p.310-311

xviiiIbid., p.32

xixIbid., p.32-33

xxIbid., p.33

xxi« Man fî’l wajdi Mawjûd » Ibid. p.33