
Je dois faire un aveu. Les pensées apparemment les plus élevées, les plus inspirées, me déçoivent toujours un peu, car elles me paraissent irrémédiablement anthropomorphiques, écourtées, contraintes, restreintes. Ne nous voilons pas la face. La gamme des expériences humaines est en effet plutôt limitée, indéniablement étroite et fort relative. Malgré tout, certaines atteignent à l’indicible, et transcendent les attentes, tout comme sur les cordes d’un violon, qui sont seulement au nombre de quatre (sol, ré, la, mi), peuvent vibrer sous l’archet virtuose d’inimaginables étrangetés, et sonner de bouleversantes sublimités. Pour donner un exemple de cette aporie de la nature humaine, un texte célèbre de la littérature occidentale affirme que l’âme peut connaître « l’amour » ‒ par le moyen de l’extase (divine). Ce qui sauve cette « image » du poncif et du cliché, c’est que son autrice, immédiatement après l’avoir employée, reconnaît qu’elle la trouve « grossière »i. Ainsi, ce qui aurait pu tomber dans la mièvrerie, échappe au piège et se métamorphose, d’autant que cet amour dure seulement le temps d’un regardii. Dans ce très court instant, au milieu des éclairs et du tonnerre iii, tout abandon est exclu iv, et une « très suave » blessure v est infligée. L’âme, transpercée derechef d’une « flèche »vi, se sent soudain dans les délices embrassée, comme un parfum qui pénétrerait tous les sens vii. Il s’agit d’en « jouir » viii ‒ en silence. Bien entendu, à propos de ces mots, de ces images, de ces métaphores, on imagine aisément toutes les « railleries » qui ont pu être provoquées, parmi les sceptiques, les sots, les endurcis, les incirconcis (de cœur), les athées, les confesseurs,…ix Mais à railleur, railleur et demi. Si j’en avais le goût, ou l’envie, je pourrais railler à mon tour tous ces railleurs. Je préfère laisser là leur effroyable ignorance, leur confondante cécité, leur torpeur mentale. Je sais assurément, pour ma part, que dans les profondeurs les plus intimes et les plus secrètes de l’être, il y a des univers si vastes qu’en comparaison, la terre des hommes et les cieux des dieux sont comme une seule petite seconde parmi d’innombrables éons, et des multitudes de kalpas. Pour en avoir exploré quelques abords, je dirais que sont de plusieurs sortes les ravissements en mesure d’emporter une âme aux confins du concevable et au-delà de l’intelligible. Pour les décrire, je pourrais être tenté d’emprunter quelques métaphores à l’Odyssée, ou à la Divine Comédie. Thérèse, plus économe, se contente de simples métaphores conjugales. Elle parle du « désir de posséder l’Époux » et d’ »épouser le Roi », du « courage de s’unir à un Souverain tel que lui », d’accepter « l’union divine », et de « conclure ces fiançailles ».x Que les esprits sarcastiques ne s’y méprennent pas, il s’agit « de ravissements, qui sont bien des ravissements et non des faiblesses de femme »xi. Ils ne sont en rien comparables à un « évanouissement » ou une « perte de connaissance », ils incarnent au contraire au plus haut point un « éveil ».xii Les sceptiques feront des objections, bien sûr. Si les facultés de l’esprit sont tellement absorbées et transportées hors du sens commun, comment peut-il avoir quelque véritable conscience de ce qui se passe, et comment peut-il prétendre en témoigner? « Je n’en sais rien, vous répondrai-je ; et peut-être personne n’en sait-il plus que moi »xiii, se contente de dire Thérèse à ce propos. Pour ma part, je pense qu’il faut distinguer ici l’intelligence (de l’esprit), et la conscience (de l’âme). L’intelligence est absolument absorbée, totalement dépassée, mais l’âme ne l’est pas. C’est là un fait. La conscience n’est dans ces circonstances qu’une petite flamme, mais cette flammèche, cette étincelle, résiste aux vents de toutes les tempêtes mentales, à tous les ouragans originaires, à tous les typhons métaphysiques. Les mots peuvent manquer, pour en parler après, mais les visions ne peuvent s’oublier xiv. Ceci, somme toute, ne devrait pas nous surprendre. Moïse lui-même ne rapporta jadis de sa vision sur la montagne que ce que Dieu permit. xv Il convient de savoir ses limites Comment de rampants « vers de terre » xvi, d’ailleurs, pourraient-ils s’élever à des hauteurs et des grandeurs infiniment hors de leur portée? Il faudrait commencer par s’étonner sérieusement de l’énormité des distances et des abîmes. Ce que l’on peut en dire ici, c’est que dans l’âme de ces vers humains faits d’humus, et vivant dans l’humus, est enfoui un très profond secret. Ce secret est une royale demeure restée à l’écart, un immense château ‒ demeuré caché malgré sa taille colossale.xvii Les vers humains, trop occupés de ce monde-ci, en ignorent longtemps l’existence, mais il arrive que quelques-uns soient admis à y jeter un regard. Après coup, ils n’en pourront rien rapporter de précis, sinon quelques formules allusives, pouvant paraître exagérées, mais restant fort appauvries en réalité, de par l’intrinsèque ineffabilité de l’expérience en question. Ce qui reste également, après coup, est l’absolue assurance de l’avoir en effet entrevue, cette immense demeure intérieure.xviii Dans le cas de Thérèse, elle nous dit que c’est là qu’elle a été conduite après son « rapt », et qu’elle a été « traitée comme son épouse »xix (pendant très peu de temps… xx). Ces indices sont minces et il faut s’en contenter. Cependant, parmi toutes les sortes de ravissements, il faut voir ceux qui sont « véritables », pour les distinguer des « faux » et des « feints »xxi. L’un des genres « véritables » de ravissements s’appelle le « vol de l’esprit »xxii. L’âme est enlevée, ravie xxiii. Elle paraît se séparer du corps, et elle peut même avoir le sentiment que sa mort est toute proche, mais en réalité, elle ne meurt pas.xxiv L’âme sait qu’elle est entièrement hors d’elle-même.xxv A ce moment, elle reçoit des connaissances qui sont au-delà de toute expression.xxvi
Après son retour dans ce monde, que retient-elle d’expériences si ineffables ? Trois choses, semble-t-il. D’abord, une certaine connaissance de la Divinité, et une idée de son infinie grandeur. Ensuite une connaissance d’elle-même et un sentiment d’infinie humilité. Enfin, une souveraine distance par rapport à toutes les choses de la terre.xxvii Ces savoirs, une fois acquis, sont inoubliables. Ils ne disparaîtront plus jamaisxxviii. Ce sont des durs savoirs, des savoirs qui durent, éternels même. Thérèse d’Avila aussi était « dure ». Elle le dit d’elle-même : « Je ne suis point tendre, et j’ai au contraire le cœur si dur que cela me cause quelquefois de la peine. »xxix Mais, dans l’extase, sa dureté fondait.xxx Toutes les puissances de son âme s’affaiblissaient, comme si elles étaient suspendues.xxxi L’extase venait alors « tout à coup »xxxii, « comme une flèche de feu »xxxiii. Pendant une durée infime, tout le corps est « disloqué », et l’âme « embrasée ».xxxiv Aussitôt après, elle « sent une solitude extraordinaire »xxxv, et elle « se meurt du désir de mourir »xxxvi. Plus elle réalise ce qui lui arrive alors, plus elle comprend qu’elle ne comprend pas les infinis secrets qu’elle enferme en elle-même.xxxvii Elle comprend qu’elle ne représente pas simplement un petit « coin du monde, étroit et resserré ». Elle comprend qu’elle est elle-même un « monde », un monde si vaste qu’il contient le lieu où Dieu lui-même se tient,xxxviii le lieu où il établit sa demeure.xxxix A quoi ressemble cette demeure ? Thérèse dit seulement que c’est « un abîme très profond »xl, où s’opère une » mystérieuse union « xli. Là, « l’esprit de l’âme devient une même chose avec Dieu »xlii, tout comme devient la même eau ‒ l’eau de la pluie qui tombe et qui se fond dans l’eau des rivières, tout comme l’eau du ciel se mêle à l’eau de la terre.xliii Mêlée à son abîme, l’âme jouit de la Divinité, et Dieu jouit d’elle, en silence. Quel sens cela a-t-il? L’entendement humain ne peut prendre aucune part en tout cela. Seule la conscience est admise à « voir » ce qui se passe, « comme par une petite fente »xliv. Après avoir vu, elle n’a plus ni le goût ni le besoin de nouvelles extasesxlv. Elle est désormais pénétrée en permanence d’une force surnaturelle, qui baigne l’intelligence, la mémoire, la volonté, et tous les sensxlvi.
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i« Vous avez souvent entendu dire que Dieu contracte avec les âmes des fiançailles spirituelles […] Cette comparaison, je l’avoue, est grossière. Mais je n’en sais point qui exprime mieux ma pensée que le sacrement de mariage. » Thérèse d’Avila. Le Château intérieur. Traduit de l’espagnol par Marcel Bouix. Ed. Payot et Rivages, Paris, 1998, p.189
ii« Tout se passe très vite, parce qu’il n’y a pas là à donner et à recevoir. Ce n’est qu’une vue de l’âme ; l’âme ne fait que voir d’une manière mystérieuse qui est son futur époux. Ce que les sens et l’intelligence ne lui apprendraient pas en des années et des siècles, elle le voit d’un regard. » Ibid. p.190
iii« Notre-Seigneur la réveille tout à coup comme par un éclair ou par un coup de tonnerre. » Ibid. p.216
iv« Une âme qui prétend à être l’épouse d’un Dieu, et à qui ce Dieu s’est déjà communiqué par de si grandes faveurs, ne saurait, sans infidélité, s’abandonner au sommeil. » Ibid. p.195
vIbid. p.216
viIbid. p.218
viiIbid. p.221
viiiIbid. p.222
ixIbid. p.229
xIbid. p.238
xiIbid. p.239
xii« Ceci n’est pas comme un évanouissement où l’on est privé de toute connaissance, tant intérieure qu’extérieure. Ce que je sais, moi, des âmes ainsi ravies, c’est que jamais elles ne furent plus éveillées aux choses de Dieu. » Ibid. p.240
xiii Ibid. p.240
xiv« Quand l’âme est ainsi enlevée, Notre-Seigneur lui découvre, en des visions imaginaires, quelques-uns de ses secrets, des choses du ciel, par exemple ; ces visions-là, on peut les raconter, et elles demeurent tellement gravées dans la mémoire qu’on ne saurait jamais les oublier. Quand les visions sont intellectuelles, l’objet en est quelquefois si élevé, que les mots manquent pour le traduire. » Ibid. p.241
xv« Moïse ne put pas dire tout ce qu’il avait vu dans le Buisson ; il dit seulement ce que Dieu lui permit d’en rapporter » Ibid. p.242
xviIbid. p.243
xvii« Dieu habite en nous et il doit y avoir quelque appartement privé. Malgré l’extase, Notre-Seigneur ne permet pas toujours que l’âme voie les secrets de cet appartement. » Ibid. p.244
xviii« Quelquefois pourtant il plaît à Dieu de la tirer de l’ivresse extatique pour lui montrer rapidement les merveilles du lieu ; et lorsqu’elle revient à elles, elle se souvient qu’elle les a vues. Mais elle ne peut rien dire de précis. » Ibid. p.245
xix« Lorsque le ravissement se produit, Notre-Seigneur attire toute l’âme à lui, et la traite comme sa chose propre et son épouse. » Ibid. p.246
xx« En somme, cette grande extase passe vite. Après le ravissement, durant le reste du jour et quelquefois durant plusieurs jours, la volonté reste saisie, et l’entendement hors de soi ; l’âme est, ce semble, incapable de s’appliquer à autre chose qu’à aimer Dieu. » Ibid. p.249
xxi« Je ne sais si j’ai donné quelque intelligence de ce qu’est un ravissement. Je dis quelque intelligence, car la donner pleine et entière est impossible. (…) A l’aide de ce que j’ai dit on pourra discerner les véritables ravissements de ceux qui sont faux et connaître la différence de leurs effets. Je dis ravissements faux, et non pas feints, parce que ceux qui les ont n’ont pas dessein de tromper, mais sont trompés. Comme, chez eux, les effets ne répondent pas à la faveur qu’ils croient avoir reçue, leurs prétendus ravissements deviennent un objet de risée. » Ibid. p.251
xxii« Il y a une autre sorte de ravissement, que j’appelle, moi, le vol de l’esprit.(…) L’âme est emportée d’un mouvement si soudain et si rapide, l’esprit est enlevé à lui-même avec une telle vitesse qu’on éprouve, surtout dans les commencements un grand effroi. (…) Pensez-vous qu’une personne, dans le plein usage de sa raison, n’éprouve qu’un léger trouble, lorsqu’elle se sent ainsi enlever l’âme, et le corps quelquefois avec l’âme ? » Ibid. p.253
xxiii« Avec la même facilité qu’un géant enlève une paille, le Fort des forts, notre grand Dieu, enlève l’esprit. (…) Ce grand Dieu supprime soudain toutes les digues. (…) Une vague se forme, énorme, impétueuse, qui soulève la petite nacelle de notre âme-papillon. » Ibid. p.254-255
xxiv« Ce ravissement impétueux de l’esprit paraît véritablement séparer l’esprit du corps. Néanmoins la personne n’en meurt pas. » Ibid. p.257
xxv« Pendant que tout cela se passe, l’âme est-elle unie au corps ou en est-elle séparée ? Je ne sais ; du moins je en jugerais de rien. (…) L’âme, qui n’est pas plus distincte de l’esprit que le soleil de ses rayons, peut, en restant où elle est, pourvu seulement que le vrai soleil de Justice l’échauffe, lancer le meilleur de sa substance au-dessus d’elle-même. Je ne sais ce que je dis ; ce qui est vrai, c’est qu’avec la rapidité d’une balle de mousquet, il se produit dans l’âme un mouvement, que j’appelle un vol de l’esprit, faute d’un nom meilleur. Ce vol est sans bruit, mais il se fait sentir à l’âme d’une manière si manifeste que l’illusion sur ce point est absolument impossible. Autant que je puis en juger, l’âme est entièrement hors d’elle-même, et Dieu lui découvre alors des choses admirables. » Ibid. p.259
xxvi« Il lui semble être tout entière dans une autre région, complètement différente de celle où nous sommes ; elle y voit une lumière si supérieure à la nôtre que, dût-elle passer sa vie à combiner divers éléments pour l’obtenir, elle n’y arriverait pas ; enfin elle se trouve en un instant instruite de tant de choses merveilleuses qu’elle n’aurait pu, avec tous ses efforts, s’en imaginer, en plusieurs années,, la millième partie. Cela n’est point une vision intellectuelle, mais imaginaire, dans laquelle on voit plus clairement des yeux de l’âme que nous ne voyons à présent des yeux du corps. On n’entend pas de paroles ; on comprend toutefois beaucoup de choses. » Ibid. p.258
xxviiIbid. p.260
xxviiiIbid. p.265
xxixIbid. p.268
xxx« Sa dureté n’empêche pas néanmoins que, lorsque Dieu l’embrase de son amour, il ne distille comme un alambic. » Ibid. p.268
xxxi« Le divin Maître suspend toutes les puissances de l’âme, aidant ainsi sa faiblesse, afin que, ravie hors d’elle-même, elle puisse s’unir à son Dieu. » Ibid. p.304
xxxii« L’âme est en oraison, elle jouit d’une entière liberté de ses sens, et tout à coup Notre-Seigneur la fait entrer dans une extase, où il lui découvre de grands secrets qu’elle croit voir en Dieu même. C’est une vision intellectuelle, qui fait connaître à l’âme de quelle manière toutes les choses se voient en Dieu, et comment elles sont toutes en lui. » Ibid. p.316
xxxiii« A la moindre parole qui lui rappelle que la mort tarde à venir, soudain, sans savoir ni d’où ni comment, il lui vient un coup , et comme une flèche de feu. Je ne dis pas que ce soit une flèche ; mais quoi que ce puisse être, il est évident que notre nature n’y est pour rien. Ce n’est pas non plus un coup, bien que j’emploie le mot ; car la blessure qu’on reçoit est pénétrante. Et cette blessure n’est point faite à l’endroit où nous ressentons les blessures ordinaires, mais au plus profond et au plus intime de l’âme. » Ibid. p.322
xxxiv« Quoique cette extase dure peu, les os du corps en demeurent disloqués. Le pouls est aussi faible que si l’on était sur le point de rendre l’âme, mais tandis que la chaleur naturelle manque et s’éteint, l’âme, au contraire, se sent tellement embrasée par le feu de son amour, qu’avec quelques degrés de plus, elle irait, selon ses désirs, se jeter dans les bras de Dieu. » Ibid. p.324
xxxvIbid. p.325
xxxviIbid. p.329
xxxvii« Bien que chacun de nous ait une âme (…) nous ne comprenons point les admirables secrets qu’elle renferme. » Ibid. p.336
xxxviii« Nous devons nous représenter l’âme, non pas comme un coin du monde étroit et resserré, mais comme un monde intérieur, où se trouvent ces nombreuses et resplendissantes demeures que je vous ai fait voir ; il le faut bien, puisqu’il y a dans cette âme une demeure pour Dieu lui-même. » Ibid. p.339
xxxix« Dieu fait tomber les écailles des yeux de l’âme et il veut, dans sa bonté, que l’âme, d’une manière étrange mais réelle, voie et comprenne quelque chose de la grâce dont il daigne l’honorer. Dieu l’introduit donc dans sa propre demeure par une vision intellectuelle. » Ibid. p.340
xl« [Ces divines Personnes] sont dans l’intérieur de son âme, dans l’endroit le plus intérieur, et comme dans un abîme très profond ; cette personne, étrangère à la science, ne saurait dire ce qu’est cet abîme si profond, mais c’est là qu’elle sent en elle-même cette divine compagnie. » Ibid. p.341
xli« Cette mystérieuse union se fait au centre le plus intérieur de l’âme, qui doit être l’endroit où Dieu lui-même habite. » Ibid. p.346
xlii« Ce que Dieu communique à l’âme en un instant, est un secret de grâce si élevé, si délicieux aussi, que je ne sais à quoi le comparer. Il semble que Notre-Seigneur veuille en ce moment lui révéler la gloire du ciel par un mode sublime, dont n’approche aucune vision ni aucun goût spirituel. Tout ce que j’en puis dire, et tout ce que j’en comprends, c’est que l’âme, ou mieux l’esprit de l’âme, devient une même chose avec Dieu. » Ibid. p.347
xliii« L’union est comme la flamme, la mèche et la cire qui ne forment qu’un seul cierge, mais qui peuvent également se diviser et subsister séparément. L’union du mariage spirituel est plus intime : c’est comme l’eau qui, tombant du ciel dans une rivière ou une fontaine, s’y confond tellement avec l’autre eau qu’on ne peut plus ni séparer ni distinguer l’eau de la terre et l’eau du ciel. » Ibid. p.348
xliv« Dieu seul et l’âme jouissent l’un de l’autre dans un très profond silence. Il n’y a ici ni acte ni recherche de la part de l’entendement. Le Maître qui l’a créé le tient en repos ; mais il lui permet de voir, comme par une petite fente, ce qui se passe. » Ibid. p.363
xlv« Ce qui me surprend, c’est que l’âme arrivée à cet état n’a presque plus de ces ravissements impétueux dont j’ai parlé ; les extases mêmes et les vols d’esprit deviennent très rares, et ne lui arrivent presque jamais en public, ce qui auparavant était très ordinaire. » Ibid. p.363
xlvi« La force surnaturelle, dont l’âme est pénétrée dans cette septième demeure, se communique aux puissances, aux sens, à tout ce château intérieur. » Ibid. p.376





























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