
La cinquième Méditation de Descartes, intitulée « De l’essence des choses matérielles ; et, derechef, de Dieu, qu’il existe« , occupe une place décisive dans ses Méditations métaphysiques (1641). La troisième Méditation avait procédé à une démonstration a posteriori de l’existence de Dieu, à partir de l’idée de perfection contenue dans le cogito, et la quatrième avait exploré le champ de la vérité et de l’erreur, du point de vue de la volonté divine et de la liberté humaine. La cinquième s’intéresse tour à tour à deux questions apparemment très différentes : d’une part, elle s’interroge sur l’essence des choses matérielles, indépendamment de leur existence effective ; d’autre part, elle propose une démonstration a priori de l’existence de Dieu, fondée sur les conséquences de l’idée de perfection infinie. Ces deux questions, l’analyse de l’essence des choses définie comme une res extensa purement intelligible, et la recherche d’une preuve a priori de l’existence de Dieu, participent d’une même stratégie épistémologique : l’instauration d’un ordre de la connaissance où l’entendement pur, affranchi de l’imagination et de la sensation, peut accéder à des vérités éternelles dont l’évidence garantit l’objectivité.
La cinquième Méditation commence par suspendre la question de l’existence effective des corps pour ne s’attacher qu’à leur « idée ». « Mais avant que j’examine s’il y a de telles choses qui existent hors de moi, je dois considérer leurs idées, en tant qu’elles sont en ma pensée, et voir quelles sont celles qui sont distinctes, et quelles sont celles qui sont confuses. » Descartes ne veut d’abord retenir des choses que ce que l’esprit peut concevoir clairement et distinctement de la nature corporelle, et cela indépendamment de toute perception sensorielle. Le résultat de cette analyse est que l’idée (ou l’essence) de la matière se réduit à ce qu’il appelle la « quantité continue », et qu’il appelle aussi l' »étendue » (extensio) : « La nature corporelle prise en général n’est autre chose qu’une nature étendue ». Cette essence se présente non pas à l’imagination, mais à l’entendement seul. L’imagination permet certes de figurer un triangle, un pentagone, un chiliogone ; mais c’est l’entendement qui conçoit les propriétés géométriques des ces figures, indépendamment de leur représentation « imaginée ». L’essence de la matière est donc intelligible avant d’être imaginable, et a fortiori, elle peut l’être avant d’être perceptible de façon sensible. Une fois constatée l’intelligibilité qui est en puissance dans les choses, Descartes lui « applique son attention » et il en « conçoit une infinité de particularités » dont la vérité lui apparaît avec tant d’évidence qu’il en déduit qu’elles étaient déjà présentes en son esprit, de façon latente. « Il ne me semble pas que j’apprenne rien de nouveau, mais plutôt que je me ressouviens de ce que je savais déjà auparavant, c’est-à-dire que j’aperçois des choses qui étaient déjà dans mon esprit, quoique je n’eusse pas encore tourné ma pensée vers elles. » Ces choses qui sont en puissance dans l’esprit, quoique jusqu’alors encore inaperçues, ne sont donc pas de simples possibles, mais elles possèdent une « nature immuable ». « Et ce que je trouve ici de plus considérable, est que je trouve en moi une infinité d’idées de certaines choses, qui ne peuvent pas être estimées un pur néant, quoique peut-être elles n’aient aucune existence hors de ma pensée, et qui ne sont pas feintes par moi, bien qu’il soit en ma liberté de les penser ou ne les penser pas ; mais elles ont leurs natures vraies et immuables. » Descartes juxtapose ici, dans un même mouvement de phrase, deux notions cruciales, l’idée de « nature vraie et immuable », et une idée parfaitement opposée, celle de « pur néant ». L’idée de « pur néant » s’oppose en effet à l’idée d’une chose qui, certes, n’a peut-être « aucune existence hors de la pensée », mais qui néanmoins possède une « nature vraie et immuable ». Par exemple, les propriétés géométriques du triangle ne sont pas des inventions de l’esprit humain. Même si le triangle idéal, mathématique, n’existe pas hors de la pensée, il n’est pas un « pur néant », et il possède des propriétés qui ont une objectivité propre, et qui résistent à la variation des esprits et des cultures. Donc, en déduit Descartes, ces propriétés « sont quelque chose, et non pas un pur néant ». Cependant, leur statut ontologique reste problématique : ces propriétés sont-elles seulement des « essences », des « êtres de raison », des notions abstraites sans existence « réelle » ? Descartes semble hésiter entre une conception platonicienne (les vérités éternelles subsistent indépendamment de Dieu et de l’esprit humain) et une conception créationniste (Dieu les a établies par un libre décret). Mais ce qui lui importe ici, c’est que ces essences géométriques soient conçues comme existant indépendamment de la pensée humaine, et qu’elles imposent à cette pensée leur nécessité, leur existence propre. L’objectivité de la science de la nature repose sur cette indépendance de l’essence des choses de la nature à l’égard de l’existence et de l’esprit qui cherche à les connaître. Arrivé à ce point, Descartes passe sans transition de la question de l’essence des choses matérielles à la question de l’existence de Dieu: « Or maintenant, si de cela seul que je puis tirer de ma pensée l’idée de quelque chose, il s’ensuit que tout ce que je reconnais clairement et distinctement appartenir à cette chose, lui appartient en effet, ne puis-je pas tirer de ceci un argument et une preuve démonstrative de l’existence de Dieu ? », se demande-t-il . De même que les propriétés du triangle sont comprises comme inhérentes à son essence, de même l’existence d’un être « souverainement parfait » est comprise comme appartenant à son essence. Puisque Dieu est le nom donné à « un être souverainement parfait », je conçois clairement et distinctement qu’il ne peut lui manquer aucune « perfection ». Or l’existence est une « perfection », au même titre que la toute-puissance, l’omniscience, l’éternité. La perfection qu’est l’existence ne peut donc « manquer » non plus à un être censé être « souverainement parfait ». Ce raisonnement reprend le principe de l' »argument ontologique » qui avait été inauguré au 11e siècle par Anselme de Cantorbéry i. L’argument ontologique prétend déduire « logiquement » l’existence des attributs d’un être, si ces attributs font partie de son essence. En particulier, un être dont l’essence est d’exister doit nécessairement exister. Autrement dit, si l’essence d’un être est perçue comme « véritable » par l’esprit, cette vérité doit pouvoir ensuite se traduire en une existence, en « quelque chose » de réel. Avant de publier cette Méditation, Descartes l’a fait circuler parmi des amis et des correspondants, rencontrant des réfutations et des contre-arguments. Plus tard, l’argument ontologique a pu être considéré comme un sophisme, ou même comme une erreur de « logique ». Descartes lui-même fut sensible à la difficulté de ne pas distinguer l’essence d’un être de son existence. « Car, ayant accoutumé dans toutes les autres choses de faire distinction entre l’existence et l’essence, je me persuade aisément que l’existence peut être séparée de l’essence de Dieu, et qu’ainsi on peut concevoir Dieu comme n’étant pas actuellement ». Cependant, lorsque l’esprit conçoit des idées suffisamment « claire et distinctes », il pensait que ces idées peuvent conduire, par implication logique ou rationnelle, à d’autres réalités, plus profondes, possédant une nécessité interne, immanente, ainsi que le montre abondamment les idées mathématiques. Employant une autre métaphore, Descartes, remarquant qu’il est impossible de concevoir « une montagne sans vallée », dit que, de même, il est impossible de concevoir Dieu sans existence. L’existence de Dieu est « tirée » de son essence même. Ce raisonnement montre que Dieu existe nécessairement, non pas en usant d’une preuve extérieure (comme pouvait l’être la preuve cosmologique), mais par la seule analyse interne de sa notion. Il est essentiel de distinguer cette démonstration dite a priori, de la preuve a posteriori employée dans la troisième Méditation. Cette dernière s’appuyait sur le principe de causalité appliqué à l’idée de perfection infinie présente dans l’esprit fini : une cause doit contenir formellement ou éminemment tout ce qui se trouve dans son effet ; or l’idée de Dieu contient l’infini ; donc elle ne peut provenir que d’une cause infiniment parfaite. C’était là une démonstration par l’effet. La preuve de la cinquième Méditation, au contraire, est purement a priori. Elle ne part pas de la présence ou de l’existence de l’idée dans l’esprit, mais de l’analyse de son contenu. Elle déploie et explicite les propriétés internes déjà contenues dans le sujet concerné. L’existence n’est pas ajoutée à l’essence de Dieu ; elle en est le corrélat nécessaire. Avant même sa publication par Descartes, cet argument a suscité d’emblée de fortes objections, notamment celle de Caterus (dans les Objections et Réponses de 1641) : on ne peut pas passer de l’essence à l’existence par un simple jeu conceptuel. De la notion d’être existant, on ne tire qu’une simple notion, et non une preuve de son existence. Caterus invoque l’exemple de l’île parfaite : concevoir une île parfaite ne la fait pas exister. Descartes lui répondit en distinguant deux types de « possibles ». Dans le cas d’un être « souverainement parfait », l’existence n’est pas une perfection adjointe arbitrairement à une essence contingente (comme dans le cas de l’île « parfaite »), mais elle appartient à l’essence même de cet être supposé être nécessairement existant. Dieu n’est pas un être auquel on ajoute l’existence : il est l’être dont l’essence est d’exister. Cette réponse reprend en partie la tradition scolastique (notamment l’argument de Jean Duns Scot sur l' »être infini »). On pourrait aussi penser que cette preuve ontologique est une variante de la preuve par l’absurde ou par l’impossibilité du contraire : il est absurde ou intrinsèquement contradictoire de concevoir un être parfait n’existant pas, car sa non-existence serait une imperfection. Or il est possible de concevoir un être parfait, donc cet être parfait devrait nécessairement exister, puisque sa non-existence entraînerait une absurdité, ce qui reviendrait à mettre en cause le fonctionnement même de notre entendement. L’entendement opère indépendamment de tout corps, de toute situation matérielle ; il conçoit, il n’imagine pas. Cette distinction a une portée métaphysique considérable. Elle a permis à Descartes de justifier notamment que la physique peut être construite comme science mathématique sans recourir à l’expérience sensible. La géométrie n’est pas une science de l’imagination, mais seulement de l’entendement. C’est pourquoi l’essence de la matière, réduite à l’étendue, est pleinement intelligible, alors que les qualités sensibles (couleurs, sons, odeurs) relèvent de l’imagination ou de la sensation, et sont par conséquent nécessairement confuses. Les notions géométriques ne sont pas tirées des sens, mais sont en puissance, de toute éternité, dans l’esprit. Les idées innées ne sont pas présentes actuellement à la conscience, elles représentent une disposition structurale de l’esprit à produire certaines vérités quand il est correctement dirigé. Cette doctrine, qui oppose Descartes à l’empirisme et renouvelle la conception platonicienne des Idées, fonde l’universalité et la nécessité des mathématiques. En montrant que l’essence des corps est intelligible indépendamment de leur existence, Descartes pose les conditions de possibilité d’une physique mathématique. En démontrant a priori l’existence de Dieu, par une démarche purement conceptuelle, il renforce la valeur propre de la raison humaine, et il fonde la possibilité d’obtenir des certitudes : non seulement Dieu existe, mais il n’est pas trompeur (ce qui garantit la vérité des idées claires et distinctes), et son existence est nécessaire; donc la garantie de la raison comme la garantie divine elle-même sont inébranlables, inaliénables. La preuve ontologique suppose cependant que l’entendement humain est capable de saisir l’essence divine clairement et distinctement. Or cette capacité de saisie requiert la lumière naturelle de la raison. Mais d’où vient celle-ci? Est-elle elle-même nécessairement un don divin? Dans ce cas, la démonstration par l’argument ontologique présuppose l’existence de ce don de la raison, lequel permet de prouver a posteriori l’existence de son Donateur. Mais alors la notion de preuve a priori de l’existence de ce Donateur de la raison (Dieu) s’en trouve affaiblie. La postérité de la cinquième Méditation a été particulièrement marquée par la critique kantienne de l’argument ontologique, dans la Critique de la raison pure (1781), section « De l’impossibilité d’une preuve ontologique de l’existence de Dieu ». Kant y affirme que « le concept d’un être absolument nécessaire est un concept pur de la raison, c’est-à-dire une simple Idée dont la réalité objective est encore loin de se trouver démontrée par le fait que la raison en a besoin : une Idée qui ne fait au demeurant que nous indiquer une certaine perfection, pourtant inaccessible, et sert proprement plutôt à limiter notre entendement qu’à l’élargir à de nouveaux objets […] On a parlé de tout temps de l’être absolument nécessaire, et l’on s’est beaucoup plus soucié d’en démontrer l’existence que de comprendre si et comment l’on peut seulement concevoir une chose de cette espèce. Or, une définition nominale de ce concept est à la vérité très-facile: c’est quelque chose dont la non-existence est impossible. Mais nous n’en savons pas pour cela davantage par rapport aux conditions qui font qu’il est impossible de tenir le non-être d’une chose pour absolument inconcevable. Et cependant, ces conditions sont proprement ce que l’on veut connaître, c’est-à-dire si nous pensons ou non quelque chose en général par ce concept. » Je suis bien d’accord avec Kant sur ce point: nous n’en savons toujours pas grand chose sur l’être nécessaire, ni sur ce qui fait qu’il est impossible de tenir le non-être d’une chose pour absolument inconcevable. Mais, à la différence de Kant, le fait qu’il soit possible ou impossible de définir l’être nécessaire, ou de tenir le non-être d’une chose pour absolument inconcevable ne m’importe pas. Je ne m’intéresse guère à la nécessité, j’ai plus d’affinité pour la liberté. Je ne m’intéresse pas non plus beaucoup au non-être. Ce que je désire surtout connaître, avant toute chose, c’est si la vérité existe, et si, une fois son existence reconnue, elle reste immuable. Et si je ne peux pas espérer de connaître la réponse à ces deux questions, je veux au moins pouvoir me donner une certaine intuition, quant à la nature de la « vérité » en général, et quant à la gamme de ses manifestations potentielles, soit de point de vue de la réalité de ce monde, soit d’un point de vue purement conceptuel, philosophique. Autrement dit, Kant a brillamment « critiqué » la raison pure, bien qu’il n’ait pu apporter aucune réponse quant à son essence la plus profonde, c’est-à-dire quant à l’essence de ce qu’il appelle lui-même le « noumène ». Or l’essence du « noumène », bien qu’encore indéfinie, est sans doute à l’exact opposé du « phénomène », tout comme, pourrait-on dire, la transcendance est l’exact opposé de l’immanence. Au 20e siècle, la question des « noumènes » est complètement passée sous le tapis, à la différence des « phénomènes » qui ont conquis le haut du pavé. Le succès de la phénoménologie en témoigne. On doit reconnaître que la phénoménologie de Husserl comme celle de Heidegger ont proposé des lectures moins « critiques » de la philosophie cartésienne. Husserl considère que la cinquième Méditation inaugure une « réduction eidétique » de la nature, laquelle anticipe la phénoménologie des essences. C’est là sa façon de reconnaître sa dette à son égard. Pour Heidegger, l’erreur de Descartes serait moins logique qu’ontologique : en réduisant l’être du monde à l’étendue, Descartes occulte la question de l’être en général et condamne donc la métaphysique à l’oubli de l’être. La res extensa est réduite à la Vorhandenheit (littéralement, la « présence sous la main », qui dénote la subsistance inerte de l’objet ); elle est donc incapable de rendre compte de la véritable présence de l’être-au-monde (Dasein). Quant à la philosophie analytique contemporaine, l’argument ontologique a connu une renaissance inattendue. Alvin Plantinga, dans The Nature of Necessity (1974), a reformulé l’argument ontologique de Descartes en termes de logique modale: si l’existence de Dieu est possible dans un monde possible, alors il existe dans tous les mondes possibles, et donc dans le monde actuel. Cette approche par la logique modale ne fait que reprendre, à mon avis, la percée décisive, mais relativement peu connue, de Kurt Gödel dans sa preuve ontologique de l’existence de Dieu ii. Dans la cinquième Méditation de Descartes se nouent trois fils essentiels, la théorie des vérités éternelles et de la connaissance mathématique, la démonstration a priori de l’existence divine, et la distinction entre entendement et imagination comme fondement d’une nouvelle théorie de la connaissance. Cette Méditation propose une conception de la raison, capable de saisir des essences, et les nécessités qu’elles impliquent, indépendamment de leur existence empirique. Cette méthode a une portée générale. Le monde, pour être connu, doit d’abord être réduit à des structures qui soient intelligibles, il doit ainsi être réduit à son « essence », avant de pouvoir être ensuite considéré dans sa véritable existence. Cette priorité de l’essence sur l’existence, qui caractérise la démarche a priori de Descartes, fait de la cinquième Méditation le texte fondateur d’une nouvelle philosophie où la métaphysique devient une science des possibles nécessaires, et où Dieu, c’est-à-dire l’être dont l’essence est indissociable de son existence, apparaît a priori comme étant le garant de la vérité, et comme le seul être pour qui la question « existe-t-il ? » puisse être véritablement résolue par la seule analyse de ce qu’il « est » en essence. « Tout ce qui est vrai est quelque chose ». Si cette phrase est vraie, elle est donc quelque chose, et la vérité qu’elle contient est aussi quelque chose. D’où la question: quelle est cette chose?Si cette phrase est fausse, elle n’est rien, mais alors, cette phrase, ou plutôt l’idée qu’elle présente, n’existe pas. En particulier, l’idée de vérité n’existe pas, elle n’est rien, ne représente rien, et ne veut rien dire. Mais alors, si l’idée de vérité n’existe pas et ne peut avoir aucun sens, parce que essentiellement fausse, tout ce que je viens d’écrire n’a aucun sens, et tout ce que mes lecteurs peuvent croire vrai, dans leurs propres pensée, n’a non plus aucun sens.Si rien n’a de sens, laissez-moi l’écrire à nouveau cette phrase, « Tout ce qui est vrai est quelque chose », sur le tableau noir de l’univers, jusqu’à ce qu’un jour peut-être, elle prenne enfin son véritable sens, jusqu’alors caché.
iLe premier « argument ontologique » de la tradition chrétienne occidentale a été proposé par Anselme de Cantorbéry dans son ouvrage de 1078, le Proslogion où il définit Dieu comme un être au-delà duquel on ne peut concevoir rien de plus grand. Il soutient qu’un tel être doit exister dans l’esprit, même dans celui de celui qui nie l’existence de Dieu
iiLa preuve ontologique de l’existence de Dieu par Gödel s’appuie sur les définitions et axiomes suivants : Définition 1 : x est divin (propriété que l’on note G(x)) si et seulement si x contient toutes les propriétés qui sont « positives ». [Nota Bene: Aucune définition de la notion de positivité n’est fournie avec la preuve. Tout au plus, les différents axiomes qui s’y rapportent peuvent être considérés comme fournissant une définition implicite partielle. Leibniz, dont Gödel s’est inspiré, utilise cet adjectif pour les qualités qui rendent une chose « meilleure » que ce qu’elle est sans elles.] ]Définition 2 : A est une essence de x si et seulement si pour chaque propriété B, si x contient B alors A implique B. Définition 3 : x existe nécessairement si et seulement si chaque essence de x est nécessairement « exemplifiée ». [« Une propriété est exemplifiée » signifie qu’il existe un élément qui contient cette propriété.] Axiome 1 : Toute propriété nécessairement strictement impliquée par une propriété positive est positive. Axiome 2 : Une propriété est positive si et seulement si sa négation n’est pas positive. Axiome 3 : La propriété d’être divin est positive. Axiome 4 : Si une propriété est positive, alors elle est nécessairement positive. Axiome 5 : L’existence nécessaire est positive. De ceux-ci et des axiomes de la logique modale, on déduit, dans l’ordre : Théorème 1 : Si une propriété est positive, alors elle est possiblement exemplifiée. Théorème 2 : La propriété d’être divin est possiblement exemplifiée. Théorème 3 : Si x est divin, alors la propriété d’être divin est une essence de x. Théorème 4 : La propriété d’être divin est nécessairement exemplifiée.





























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