The Pope – a Chinese Woman


In his latest book, L’Avenir de Dieu (‘God’s Future’), Jean Delumeau writes that the aggiornamento of the Church will not really be realized until the day the pope is a Chinese woman, married to a black man.

The idea may seem pungent. One day perhaps, Delumeau’s prediction will come true. The Church will then have shown visible signs of its potential universality. But why stop there?

To achieve universality, it would be probably more effective to unite all the world faiths, to synthesize their dogmas, to resolve their millennial schisms, to dissolve the reasons of their incompatibilities, to exclude their exclusions, and for each one of them to recognize their own flaws and errors. More than anything else, it will be necessary for them to prove that universal religions are in a capacity to bring effective peace to the world, to guarantee justice, to put a veil of goodness and benevolence over humankind.

Without goodness, justice and equity, religion is nothing but farce, hypocrisy, talk of clouds.

A « Chinese woman » who became pope would embody a great symbolic leap, no doubt, but the road is long. We will have to walk longer than the time of one leap.

Le ‘soi’ et la survie


Est-on essentiellement seul face aux poreux mystères de la conscience et de l’inconscient ? Est-on toujours seul devant ce qui soudainement peut y être découvert, ou bien ce qui peut s’y révéler un jour, après de lentes maturations, ou encore devant le flagrant refoulement de ce qui y restera à jamais enfoui?

Beaucoup errent en peine dans les déserts de leur propre esprit, ils cheminent solitaires dans les ergs de l’entendement. Fuyant l’austérité du vide, ils fuient vers le brouhaha.

D’autres pensent seuls, contre la norme, contre l’opinion, contre la foule. «  Je traverse l’espace philosophique dans une solitude absolue. Du coup, il n’a plus de limites, plus de murs, il ne me retient pas. C’est là ma seule chance »i,

Il est difficile de penser seul, il est plus difficile encore de penser à plusieurs.

Le commun rapproche et réchauffe. Il n’incite pas à tenter de froides cimes. La communauté compense l’isolement, et offre la fusion dans la masse. Mais quelque chose résiste. Lancinant, ce sentiment extrême, exigeant, que le ‘soi’ n’est pas le ‘nous’. Le ‘nous’, idéologique, collectif, social, ne recoupe pas le ‘soi’, intérieur, personnel, singulier..

Les cultures, les religions, les civilisations sont des ‘nous’, fugaces au fond.

Elles enrobent fictivement des milliards de ‘soi’ solitaires, en essence. Tous ces ‘nous’ deviennent des coquilles sans vie, des tambours sans peau, après quelques millénaires.

Le mystère est que le ‘soi’ seul leur survivra.

iCatherine Malabou, Changer de différence, – cit. in Frédéric Neyrat , Atopies.