The True Meaning of Exile


« Light, intelligence and wisdom ». These three words are used together several times in the Book of Daniel. The queen, wife of King Balthazar, son of Nebuchadnezzar, praises Daniel’s « extraordinary spirit » as follows: « There is a man in your kingdom in whom dwells the spirit of the holy gods. In the days of your father there was in him light and understanding and wisdom like that of the gods. « (Dan. 5:11).

Then Balthazar called him and said: « Are you Daniel, of the people of the deportation of Judah, brought from Judah by my father the king? I have heard that the spirit of the gods resides in you and that in you is light, intelligence and extraordinary wisdom. « (Dan. 5:13-14)

Daniel had already experienced a glorious hour in Babylon when he had explained the dreams of Nebuchadnezzar, and revealed their « secret », their « mystery ».

The Hebrew word for « secret » and « mystery » is רָז (raz). This word is of Persian origin, and it is only found in the Bible in the Book of Daniel alone. It is also found later in the Qumran texts. It may be used in various contextsi.

Nebuchadnezzar had defeated the kingdom of Judah and destroyed the temple of Jerusalem in ~587. However Daniel brought him to resignation by revealing “the mystery”.

The mystery takes on its full value, its true meaning, only when it is brought to light, when it is « revealed », as in the verse: « It is he who reveals the deep and hidden things. »(Dan. 2:22).

The Hebrew verb used for « reveal » is גָלָה (galah) which means: « To discover, to appear, to reveal, to make known ». But in a derived sense, it means: « To emigrate, to be taken into captivity, to be exiled, to be banished. » In the niphal form, “To be uncovered, to be naked; to reveal oneself, to be announced.”

For example, « Have the gates of death been opened to you? « (Job 38:17), « There God revealed himself to him. « (Gen. 35:7), « The glory of God will be manifested. « (Is. 40:5).

It is the « revelation » that constitutes the deep substance of the secret, its inner fabric, much more than the secret itself, which is only the external appearance. A secret forever buried in the depths of time would be like a seed that would never germinate.

And, in Hebrew, “to reveal” evokes another series of meanings, revolving around emigration, exile, banishment. A penetration of the secret, an entry into the mystery, evokes a departure to a foreign land, or even a deportation, like an exile to Babylon…

A child of exile, a deportee from Judah, « reveals » his own « secret » to the king who « exiled » his people, – and by doing so, who « discovered » Judah, who made it « appear ».

Irony and depth of words, which say more than they are meant to say.

The word גָלָה (galah), which means « to reveal » and « to emigrate », also reaches a sublime form of mystery. By linking « revelation » and « emigration », it deepens a mystery whose meaning it does not reveal.

i« Then the mystery (רָז ) was revealed to Daniel in a night vision. « (Dan. 2:19)

« He who reveals depths and secrets (רָז ) knows what is in the darkness, and the light dwells with him.  » (Dan. 2:22)

« The mystery (רָז ) that the king pursues, wise men, soothsayers, magicians and exorcists have not been able to discover it to the king. « (Dan. 2:27)

« But there is a God in heaven who reveals the mysteries (רָז ) and who has made known to King Nebuchadnezzar what is to happen at the end of days. Your dream and the visions of your head on your bed, here they are. « (Dan. 2:28)

« This mystery (רָז ) has been revealed to me, and I have no more wisdom than anyone else, for the sole purpose of letting the king know its meaning. « (Dan. 2:30)

« And the king said to Daniel: « Truly your god is the God of gods, and the master of kings, the revelator of mysteries (רָז ), since you were able to reveal the mystery (רָז ).  » (Dan. 2:47)

Exil, émigration et déportation


« Lumière, intelligence et sagesse ». Ces trois mots sont employés ensemble à plusieurs reprises dans le Livre de Daniel. La reine, femme du roi Balthazar, fils de Nabuchodonosor, vante ainsi « l’esprit extraordinaire » de Daniel : « Il est un homme dans ton royaume en qui réside l’esprit des dieux saints. Du temps de ton père, il se trouva en lui lumière, intelligence et sagesse pareille à celle des dieux. » (Dan. 5,11).

Balthazar le fait alors venir et lui dit: « Est-ce toi qui es Daniel, des gens de la déportation de Juda, amenés de Juda par le roi mon père ? J’ai entendu dire que l’esprit des dieux réside en toi et qu’il se trouve en toi lumière, intelligence et sagesse extraordinaire. » (Dan. 5, 13-14)

Daniel avait déjà connu une heure de gloire à Babylone lorsqu’il avait expliqué les songes de Nabuchodonosor, et dévoilé leur « secret », leur « mystère ».

Le mot hébreu employé pour rendre « secret » et « mystère » est רָז (raz). Ce mot est d’origine persane, et on ne le trouve employé dans la Bible que dans le seul Livre de Daniel. On le retrouve aussi plus tard dans les textes de Qumrân.

Pour qui s’intéresse aux rapports entre le secret et le sacré, entre le mystère et la mystique, il faut considérer ce mot, רָז (raz), dans ses divers contextes.

« Alors le mystère (רָז ) fut révélé à Daniel dans une vision nocturne. » (Dan ; 2,19)

« Lui qui révèle profondeurs et secrets (רָז ) connaît ce qui est dans les ténèbres, et la lumière réside auprès de lui. » (Dan. 2,22)

« Le mystère (רָז ) que poursuit le roi, sages, devins, magiciens et exorcistes n’ont pu le découvrir au roi. » (Dan. 2,27)

« Mais il y a un Dieu dans le ciel, qui révèle les mystères (רָז ) et qui a fait connaître au roi Nabuchodonosor ce qui doit arriver à la fin des jours. Ton songe et les visions de ta tête sur ta couche, les voici. » (Dan. 2,28)

« A moi, sans que j’aie plus de sagesse que quiconque, ce mystère (רָז ) a été révélé, à seule fin de faire savoir au roi son sens. » (Dan. 2,30)

« Et le roi dit à Daniel : « En vérité votre dieu est le Dieu des dieux, et le maître des rois, le révélateur des mystères (רָז ), puisque tu as pu révéler le mystère (רָז ). » (Dan. 2,47)

Nabuchodonosor avait vaincu le royaume de Juda et détruit le temple de Jérusalem en ~587. Mais Daniel, l’amena à résipiscence en lui révélant le mystère.

Le mystère ne prend toute sa valeur, toute sa véritable signification, que lorsqu’il est mis au jour, lorsqu’il est « révélé », comme dans le verset : « C’est lui qui révèle les choses profondes et cachées. » (Dan. 2,22) . הוּא גָּלֵא עַמִּיקָתָא, וּמְסַתְּרָתָא.

Le verbe hébreu employé pour « révéler » est גָלָה (galah) qui signifie : « Se découvrir, apparaître, découvrir, révéler, faire connaître ». Mais dans un sens second, il signifie, notons-le bien: « Émigrer, être emmené en captivité, être exilé, banni. »

Dans la forme Niph., il signifie « Être à découvert, à nu ; se découvrir, se révéler, être annoncé. »

Par exemple, « Les portes de la mort t’ont-elles été ouvertes ? » (Job 38,17), ou encore : « Là, Dieu s’était révélé à lui. » (Gen. 35,7), ou « La gloire de Dieu se manifestera. » (Is. 40,5).

C’est la « révélation » qui constitue la substance profonde du secret, son tissu intérieur, bien plus que le secret lui-même, qui n’est que l’apparence externe. Un secret à jamais enfoui dans la profondeur des temps serait comme une graine qui jamais ne germerait.

Le dévoilement, la révélation, côtoient curieusement (en hébreu) une autre série de significations, tournant autour de l’émigration, de l’exil, du bannissement.

Tout se passe comme si l’accès au sens, la pénétration du secret, l’entrée dans le mystère évoquaient un départ vers une terre étrangère, une déportation, comme l’exil à Babylone…

Qu’il est curieux de voir un enfant de l’exil, un déporté de Juda, « révéler » son « secret » à celui-là même qui a « exilé » son peuple, c’est-à-dire, en somme, qui l’a « découvert », qui l’a fait « apparaître ».

Ironie et profondeur de certains mots, qui disent bien plus que ce qu’ils sont censés contenir.

Le mot גָלָה (galah), « révéler » et « émigrer », atteint lui-même une forme sublime de mystère. En exprimant le sens de la « révélation », il approfondit d’autant un mystère dont il n’épuise pas le sens, en le liant à l’« émigration ».