« Vous, Israël, êtes joyeux, mais mes serviteurs ont de la peine. »


 

Dans l’approche du mystère, tout concourt à tromper, berner, induire en erreur, le chercheur qui s’aventure sur ces terrains glissants, sans guide, ni compas ni cap. Les chausse-trapes se multiplient sous les pas, dans les mots. Mille occasions de se perdre se présentent. La matière est trop riche, trop vaste, trop flexible, trop subtile. L’objet cherché est couvert de trop nombreux voiles, protégé d’épaisses murailles, enfoui au tréfonds de cénotaphes trop oubliés, volatilisé dans un azur trop limpide, perdu dans le murmure inaudible du zéphyr.

Il faut un œil singulièrement perçant, une oreille particulièrement fine, un tact infiniment doux, pour seulement effleurer l’ombre fugace d’un indice.

Le chercheur de mystère fait penser à ce personnage du g Veda qui s’exprime ainsi: « Sot, sans connaissance, j’interroge avec la pensée quelles sont les traces cachées des dieux. »i

Le chercheur contemple par la pensée les séraphins d’Isaïe, avec leurs trois paires d’ailes, dont deux pour se voiler la face et les pieds, et la troisième pour voler, et il ne peut se contenter de ce qu’il voit, puisqu’elles lui cachent ce qu’il ne saurait voir.

Le chercheur hante les dictionnaires, tentant de comprendre le sens de mots qui ne sont que des enveloppes tout extérieures, sans contenu: mystère (μυστήριον), symbole (σύμϐολον), énigme (αἲνιγμα), signe (σημεῖον), ombre (σκία), forme (τύπος) ou ressemblance (εἰκών).

Origène est l’un des ces anciens qui se sont efforcés de montrer avec le plus de clarté possible, et sans se décourager, comment le mystère se dérobe sans cesse, et comment, sans cesse, il se laisse entr’apercevoir. Il affirmait avec un sentiment d’évidence : « Nous sentons que tout est rempli de mystères. »ii et aussi : « Tout ce qui arrive, arrive en mystères. »iii

A ce sujet, une ironie supérieure hante certains textes de la Kabbale, comme celui-ci : « Vous, Israël, êtes joyeux, mais mes serviteurs (les anges) ont de la peine. Car c’est un mystère venu des mystères qui quitte mon trésor. Toutes vos écoles prospèrent comme des veaux engraissés (Jérémie 46,21), non par la peine, non par le labeur, mais par le nom de ce sceau et par la mention de la couronne terrifiante. »iv

Le chercheur picore, comme une poule, quelques grains chus il y a quelques millénaires: « Ce qui est manifesté et qui est secret, ce qui se meut ici dans le cœur secret de notre être est la puissante fondation en quoi est établi tout ce qui se meut et respire et voit. »v

Le chercheur médite les moindres détails de la célèbre expérience d’Ézéchiel, et s’interroge sur les différence entre l’éclat, le feu, la lueur : « Et je vis comme l’éclat du vermeil, quelque chose comme du feu près de lui, tout autour, depuis ce qui paraissait être ses reins, et au-dessous je vis quelque chose comme du feu, et une lueur tout autour. »vi

Le chercheur mesure naturellement l’inanité de l’entreprise, le caractère dérisoire de ses forces face à l’enjeu. Il est conscient que l’idée même du mystère pourrait bien n’être qu’une illusion, une chimère, un prétexte à collectionner sans fin des symboles épars, une propension à déchirer les voiles, à plonger dans l’abîme des mots, à désirer voir, au lieu de vivre.

Le chercheur surestime le sens des signes.

Origène avait pourtant prévenu : le vrai savoir c’est l’amour.

Mais le chercheur, dans sa folie, continue de dire: « J’aime le mystère ».

i Ŗg Veda I,164,1

ii Origène, Lev. Hom. 3,8

iii Origène, Gen. Hom. 9,1.

iv Cf. Section Sar Ha-Torah (« Prince de la Torah ») tiré du Hekhalot Rabbati (« Grands Palais »)

v Mundaka 2,2,1

vi Ez 1, 4-28

La métaphore de la « Parole »


« Par qui est proférée la parole que l’on dit ? L’œil et l’oreille, quel Dieu les attelle ? Car il est l’oreille de l’oreille, le mental du mental, la parole de la parole et aussi le souffle du souffle, l’œil de l’œil. » – (Kena-Upanişad, 1, 1-2)

L’homme ne parle pas, il est « parlé » par la parole. Il n’en est pas le maître mais seulement l’instrument. Lors du sacrifice, c’est le Dieu qui parle dans la parole, c’est le Dieu qui est l’esprit dans l’esprit, c’est le Dieu qui souffle dans le souffle.

Brahman seul est vraiment « parole parlante ». Brahman seul habite les mots. Brahman seul demeure dans les cris, dans les chants, dans les psalmodies du sacrifice.

L’idée du Dieu qui est Parole n’est pas propre aux Védas. On la trouve dans d’autres traditions.

La Bible, apparue plus tardivement, présente aussi un Dieu qui crée et fait exister par sa seule Parole.

Dans les Védas comme dans la Bible, d’un Dieu qui est la Parole même émane une Parole, qui est créatrice, et de cette Parole créatrice naît (entre autres) l’Homme, qui est une créature parlante.

La tradition hébraïque proclame l’unicité absolue de Dieu, mais elle reconnaît aussi une cause seconde, une Parole qui se détache de Dieu, qui vient de sa Bouche, et qui agit dans le monde par sa puissance propre.

En appui, voici quelques paroles du prophète Moïse, et du psalmiste David i.

Moïse parle explicitement de deux « Seigneurs » qui sont tous deux « YHVH », le premier envoyant le second châtier les hommes : « L’Éternel fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu; d’auprès de l’Éternel, du haut des cieux. » (Gen. 19,24)

Le texte hébreu est le suivant :

כד וַיהוָה, הִמְטִיר עַלסְדֹם וְעַלעֲמֹרָהגָּפְרִית וָאֵשׁמֵאֵת יְהוָה, מִןהַשָּׁמָיִם

On note la répétition du tétragramme YHVH comme agent initial de l’action ( וַיהוָה ), et comme partenaire actif (מֵאֵת יְהוָה ). On remarque aussi l’usage de l’expression מֵאֵת יְהוָה, « d’auprès de YHVH » qui indique une sorte de détachement, de mise en mouvement.

Le Seigneur YHVH fait pleuvoir le feu et le souffre, mais ce Seigneur vient lui-même « d’auprès » le Seigneur YHVH, qui est au « plus haut des cieux ».

 

On retrouve ce dédoublement du Seigneur ailleurs. Le roi David psalmodie :

« Le Seigneur (YHVH) a dit à mon Seigneur (Adonaï): Siège à ma droite » Ps. 110 (109) – 1

Comment comprendre que le Seigneur (Adonaï) siège à la droite du Seigneur (YHVH)? YHVH n’est-il pas déjà Adonaï ? Que représente la figure du Seigneur (Adonaï) « assis à la droite » du Seigneur (YHVH), et qui par ailleurs abat les rois, fait justice des nations, et qui est « prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisedech » ?

David dit encore:

« Par la parole de YHVH les cieux ont été faits, par le souffle de sa bouche, toute leur armée. » Ps 33(32)-6

Pourquoi David évoque-t-il la Bouche de Dieu, son Souffle et sa Parole ? Bouche, Parole et Souffle sont-ils unis dans l’unicité divine, ou bien sont-ils distincts ? Ou sont-ils encore à la fois unis et distincts ? Parole et Souffle sont-ils en mesure de prendre respectivement prise sur le monde, et de prendre singulièrement sens pour l’homme ?

David présente enfin la Parole comme étant le sauveur de ceux qui ont besoin de lui quand il dit :

« Il a envoyé sa Parole, et il les a guéris. » Ps 106(107)-20.

Pendant que la Parole guérit, que fait le Souffle ?

Mon intention est de souligner ici l’analogie structurelle de la Parole divine dans les Védas et dans la Bible, au sein de deux grandes traditions spirituelles, différentes à beaucoup d’autres égards.

Ces traditions fort éloignées se rejoignent ici pour affirmer que Dieu parle, que sa Parole est elle-même divine, et qu’elle habite et sauve les hommes qui la parlent.

 

 

iJe me suis appuyé sur Eusèbe de Césarée pour le choix des citations.

Un Juif se convertit à l’islam après s’être proclamé Messie.


Il y a bien des façons de s’approcher du mystère. Mais il n’y en a pas de plus franchement révolutionnaire, et même de plus essentiellement apocalyptique, que le messianisme mystique de Sabbataï Tsevi.

Gershom Scholem rapporte dans l’étude qu’il lui consacre que Tsevi avait décidé de chercher le « mystère de la Divinité » dans l’apostasie.

C’était la véritable raison pour laquelle Sabbataï Tsevi avait fini par apostasier le judaïsme et s’était converti à l’islam en 1666.

Il s’était auparavant proclamé Messie en 1648, avec un succès certain, ayant été reconnu comme tel par les Juifs d’Alep et de Smyrne, sa ville natale, ainsi que par de nombreuses communautés juives en Europe orientale, en Europe occidentale et au Moyen-Orient.

L’apostasie de Tsevi et sa conversion spectaculaire à l’islam, alors qu’il était déjà reconnu comme Messie par une importante partie des communautés juives de la Diaspora, s’expliquait par une idée profonde, quoique difficile à faire passer, apparemment.

Tsevi pensait que son apostasie, au sommet de sa reconnaissance comme Messie, ferait progresser la tiqoun (la « réparation » ou la « reconstruction »), œuvrant par le fait à la restauration du monde.

Pari insensé, mais pétri de bonnes intentions.

La tiqoun exigeait des gestes larges, radicaux, et même révolutionnaires.

Moïse avait apporté une Loi de Vérité (Tora Emet) et le Coran une Loi de bonté (Tora Hessed). Tsevi disait qu’il fallait réconcilier ces deux lois, pour sauver le monde, ainsi que le dit le Psaume 85: « La bonté et la vérité se rencontrent » (Ps. 85, 11).

Il ne fallait pas opposer les lois, les traditions, entre elles, mais les conjoindre. D’ailleurs, des kabbalistes avançaient que le « mystère divin » s’incarne symboliquement dans la sixième Sefira, la Sefira Tiferet, qui correspond à la troisième lettre (ו Vav) du Tétragramme, laquelle marque d’ailleurs la conjonction, dans la grammaire hébraïque (ו signifie « et »).

Mais Tsevi, fort versé dans la Kabbale, finit par penser que le mystère divin se situait bien au-dessus des Sefirot, au-delà même du principe premier, au-delà de l’idée de Cause première, au-delà de l’Ein-sof inaccessible, et finalement bien au-delà de l’idée même de mystère.

Le mystère par excellence demeure dans la plus sainte simplicité.

C’est pourquoi, après avoir longtemps été influencé par elle, Sabbataï Tsevi finit par rejeter la Kabbale de Louria, et ses Sefirot. Il disait que « Isaac Louria avait construit un char admirable mais n’avait pas précisé qui le conduisait ».

Le char admirable était la métaphore admise pour désigner les Sefirot de Louria, métaphore renvoyant aussi à la fameuse vision d’Ézéchieli.

La question de Tsevi reste aujourd’hui encore, toujours sans réponse, – du moins à ma connaissance.

Quel est l’Esprit qui conduit le char des Sefirot ? Quel est l’Esprit qui conduit le char d’Ézéchiel ?

Où vont ces chars?

iEzéchiel, I, 1-13

« 1 Et il arriva, la trentième année, au quatrième mois, le cinquième jour du mois, comme j’étais parmi les captifs, près du fleuve Kébar, que les cieux s’ouvrirent et que je vis des visions de Dieu.
2 Au cinquième jour du mois, c’était la cinquième année de la captivité du roi Jéhojachin,
3 la parole de l’Éternel fut adressée à Ezéchiel, fils de Buzi, sacrificateur, au pays des Chaldéens, près du fleuve Kébar, et là, la main de l’Éternel fut sur lui.
4 Je vis, et voici, un vent de tempête venait du septentrion, une grosse nuée et une masse de feu : elle resplendissait à l’entour, et au milieu d’elle on voyait comme du métal qui est au milieu du feu.
5 Et au milieu, quelque chose qui ressemblait à quatre êtres vivants ; et voici quel était leur aspect : ils avaient une ressemblance humaine.
6 Chacun avait quatre faces et chacun quatre ailes.
7 Leurs pieds étaient droits, et la plante avait la forme du pied d’un veau, et ils étincelaient comme de l’airain poli.
8 Et ils avaient des mains d’homme sous leurs ailes, des quatre côtés, et tous quatre avaient leurs faces et leurs ailes.
9 Leurs ailes étaient jointes l’une à l’autre, et en marchant ils ne se tournaient point ; chacun allait devant soi.
10 Et leur face ressemblait à une face d’homme ; et tous quatre avaient une face de lion à droite, et tous quatre une face de taureau à gauche, et tous quatre une face d’aigle.
11 Et leurs faces et leurs ailes étaient séparées par le haut ; chacun avait deux ailes qui joignaient celles de l’autre et deux ailes qui couvraient son corps.
12 Et chacun allait devant soi ; là où l’Esprit les faisait aller, ils y allaient ; ils ne se tournaient pas en allant.
13 Et l’aspect de ces êtres vivants ressemblait à des charbons ardents ; ils paraissaient embrasés comme des torches ; le feu circulait entre ces êtres ; ce feu resplendissait, et il en sortait des éclairs. »

 

Un Juif se convertit à l’islam après s’être proclamé Messie.


Il y a bien des façons de s’approcher du mystère. Mais il n’y en a pas de plus franchement révolutionnaire, et même de plus essentiellement apocalyptique, que le messianisme mystique de Sabbataï Tsevi.

Gershom Scholem rapporte dans l’étude qu’il lui consacre que Tsevi avait décidé de chercher le « mystère de la Divinité » dans l’apostasie.

C’était la véritable raison pour laquelle Sabbataï Tsevi avait fini par apostasier le judaïsme et s’était converti à l’islam en 1666.

Il s’était auparavant proclamé Messie en 1648, avec un succès certain, ayant été reconnu comme tel par les Juifs d’Alep et de Smyrne, sa ville natale, ainsi que par de nombreuses communautés juives en Europe orientale, en Europe occidentale et au Moyen-Orient.

L’apostasie de Tsevi et sa conversion spectaculaire à l’islam, alors qu’il était déjà reconnu comme Messie par une importante partie des communautés juives de la Diaspora, s’expliquait par une idée profonde, quoique difficile à faire passer, apparemment.

Tsevi pensait que son apostasie, au sommet de sa reconnaissance comme Messie, ferait progresser la tiqoun (la « réparation » ou la « reconstruction »), œuvrant par le fait à la restauration du monde.

Pari insensé, mais pétri de bonnes intentions.

La tiqoun exigeait des gestes larges, radicaux, et même révolutionnaires.

Moïse avait apporté une Loi de Vérité (Tora Emet) et le Coran une Loi de bonté (Tora Hessed). Tsevi disait qu’il fallait réconcilier ces deux lois, pour sauver le monde, ainsi que le dit le Psaume 85: « La bonté et la vérité se rencontrent » (Ps. 85, 11).

Il ne fallait pas opposer les lois, les traditions, entre elles, mais les conjoindre. D’ailleurs, des kabbalistes avançaient que le « mystère divin » s’incarne symboliquement dans la sixième Sefira, la Sefira Tiferet, qui correspond à la troisième lettre (ו Vav) du Tétragramme, laquelle marque d’ailleurs la conjonction, dans la grammaire hébraïque (ו signifie « et »).

Mais Tsevi, fort versé dans la Kabbale, finit par penser que le mystère divin se situait bien au-dessus des Sefirot, au-delà même du principe premier, au-delà de l’idée de Cause première, au-delà de l’Ein-sof inaccessible, et finalement bien au-delà de l’idée même de mystère.

Le mystère par excellence demeure dans la plus sainte simplicité.

C’est pourquoi, après avoir longtemps été influencé par elle, Sabbataï Tsevi finit par rejeter la Kabbale de Louria, et ses Sefirot. Il disait que « Isaac Louria avait construit un char admirable mais n’avait pas précisé qui le conduisait ».

Le char admirable était la métaphore admise pour désigner les Sefirot de Louria, métaphore renvoyant aussi à la fameuse vision d’Ézéchieli.

La question de Tsevi reste aujourd’hui encore, toujours sans réponse, – du moins à ma connaissance.

Quel est l’Esprit qui conduit le char des Sefirot ? Quel est l’Esprit qui conduit le char d’Ézéchiel ?

Où vont ces chars?

iEzéchiel, I, 1-13

« 1 Et il arriva, la trentième année, au quatrième mois, le cinquième jour du mois, comme j’étais parmi les captifs, près du fleuve Kébar, que les cieux s’ouvrirent et que je vis des visions de Dieu.
2 Au cinquième jour du mois, c’était la cinquième année de la captivité du roi Jéhojachin,
3 la parole de l’Éternel fut adressée à Ezéchiel, fils de Buzi, sacrificateur, au pays des Chaldéens, près du fleuve Kébar, et là, la main de l’Éternel fut sur lui.
4 Je vis, et voici, un vent de tempête venait du septentrion, une grosse nuée et une masse de feu : elle resplendissait à l’entour, et au milieu d’elle on voyait comme du métal qui est au milieu du feu.
5 Et au milieu, quelque chose qui ressemblait à quatre êtres vivants ; et voici quel était leur aspect : ils avaient une ressemblance humaine.
6 Chacun avait quatre faces et chacun quatre ailes.
7 Leurs pieds étaient droits, et la plante avait la forme du pied d’un veau, et ils étincelaient comme de l’airain poli.
8 Et ils avaient des mains d’homme sous leurs ailes, des quatre côtés, et tous quatre avaient leurs faces et leurs ailes.
9 Leurs ailes étaient jointes l’une à l’autre, et en marchant ils ne se tournaient point ; chacun allait devant soi.
10 Et leur face ressemblait à une face d’homme ; et tous quatre avaient une face de lion à droite, et tous quatre une face de taureau à gauche, et tous quatre une face d’aigle.
11 Et leurs faces et leurs ailes étaient séparées par le haut ; chacun avait deux ailes qui joignaient celles de l’autre et deux ailes qui couvraient son corps.
12 Et chacun allait devant soi ; là où l’Esprit les faisait aller, ils y allaient ; ils ne se tournaient pas en allant.
13 Et l’aspect de ces êtres vivants ressemblait à des charbons ardents ; ils paraissaient embrasés comme des torches ; le feu circulait entre ces êtres ; ce feu resplendissait, et il en sortait des éclairs. »