Brain Neurochemistry and Mystic Visions


The birth of Dionysus is worth telling. There is a precise description of it in the Imagines of Philostratus the Elder.

“A cloud of fire, after enveloping the city of Thebes, tears on the palace of Cadmos where Zeus leads a happy life with Semele. Semele dies, and Dionysus is really born under the action of the flame.

We can see the erased image of Semele rising towards the sky, where the Muses will celebrate his arrival with songs. As for Dionysus, he starts from the mother’s womb, thus torn, and shining like a star, he makes the brilliance of the fire pale with his own. The flame opens, sketching around Dionysus the shape of a cave[which is covered with consecrated plants].

The propellers, the berries of ivy, the vines already strong, the stems of which we make the thyrsus cover their contours, and all this vegetation comes out of the ground so willingly, that it grows partly in the middle of the fire. And let us not be surprised that the earth lays on the flames like a crown of plants.”

Philostratus ignores the fact that Semele had wanted to see the face of Zeus, her lover, and that this was the cause of her death. Zeus, kept by a promise he had made to her to fulfill all her desires, was forced to show his face of light and fire when she made the request, knowing that by doing so he would kill her, in spite of himself.

But he didn’t want to let the child she was carrying die, which was also his. Zeus took Dionysus out of his mother’s womb and put him in the great light, in a cloud of fire. However, Dionysus himself was already a being of fire and light. Philostratus describes how Dionysus’ own fire « makes Zeus’ own fire pale ».

It should be noted above all that the divine fire of Dionysus does not consume the sacred bushes that envelop his body at the time of his birth.

In a different context, Moses sees a burning bush, which is not consumed either. The Bible gives little detail on how the bush behaves in flames.

Philostratus, on the other hand, is a little more precise: a « crown of plants » floats above the fire. The metaphor of the crown is reminiscent of an aura, a halo, or the laurels surrounding the hero’s head. Except Dionysus is not a hero, but a God.

The idea of plants burning without burning in a « fire » of divine origin is counter-intuitive.

It is possible that this idea is a hidden metaphor. The inner fire of some plants, such as Cannabis, or other psychotropic plants, is a kind of fire that affects the mind, burns it indeed, but does not (usually) consume it. This inner fire, caused by plants capable of inducing shamanic visions and even divine ecstasies, is one of the oldest ways to contemplate mysteries.

This is one of the most valuable lessons from the experiences reported by shamans in Asia, Africa, or America.

What explains the powerful affinity between psychotropic plants, human brain neurochemistry and these ecstatic, divine visions?

Why is brain chemistry capable of generating a ‘vision’ of God from psychotropic stimuli?

Why is the active ingredient of cannabis, THC (Δ9 – tetrahydrocannabinol), capable, by binding to the CB1 and CB2 receptors, of delivering man to ecstasy, and to the vision of the divine, under certain conditions?

New ways of investigating the brain should be able to be used to detect the brain regions activated during these visions.

There are two main categories of assumptions.

Either the psychotropic mechanism is entirely internal to the brain, depending only on neurobiological processes, which can get out of hand when they are somehow looped around themselves.

Either these neurobiological processes are in reality only a façade, more or less shaped throughout the evolution of the human brain. They hide or reveal, depending on the case, our direct perception of a world that is still mysterious, a parallel world, generally inaccessible to sensitivity and consciousness.

The neurochemical processes disinhibited by THC release the brain, and during ecstasy give it the opportunity to access a meta-world, usually veiled, but very real, existing independently of human consciousness.

In that assumption, the neurochemistry of cannabis does not then generate « visions » by itself; it is only a key that opens the consciousness to a world that is inaccessible, most of the time, to weak human capacities.

Neurochimie du cerveau et vision de Dieu


 

La naissance de Dionysos vaut d’être racontée. On en trouve dans les Tableaux de Philostrate l’Ancien une description précise.

« Un nuage de feu, après avoir enveloppé la ville de Thèbes, se déchire sur le palais de Cadmos où Zeus mène joyeuse vie auprès de Sémélé. Sémélé meurt, et Dionysos naît vraiment sous l’action de la flamme.

On aperçoit l’image effacée de Sémélé qui monte vers le ciel, où les Muses fêteront son arrivée par des chants. Quant à Dionysos, il s’élance du sein maternel ainsi déchiré, et brillant comme un astre il fait pâlir l’éclat du feu par le sien propre. La flamme s’entr’ouvre, ébauchant autour de Dionysos la forme d’un antre [qui se revêt de plantes consacrées].

Les hélices, les baies du lierre, des vignes déjà robustes, les tiges dont on fait les thyrses en tapissent les contours, et toute cette végétation sort si volontiers de terre, qu’elle croît en partie au milieu du feu. Et ne nous étonnons point que la terre pose sur les flammes comme une couronne de plantes. »

Philostrate passe sous silence le fait que Sémélé avait voulu voir le visage de Zeus, son amant, et que cela fut la cause de sa mort. Zeus, tenu par une promesse qu’il lui avait faite d’exaucer tous ses désirs, fut contraint de dévoiler devant elle son visage de lumière et de feu lorsqu’elle en fit la demande, sachant que par là il lui donnerait la mort, bien malgré lui.

Mais il ne voulait pas laisser mourir l’enfant qu’elle portait, et qui était aussi le sien. Zeus sortit Dionysos, du ventre de sa mère, et le mit dans la grande lumière, dans un nuage de feu. Or, Dionysos était lui-même déjà un être de feu et de lumière. Philostrate décrit comment le propre feu de Dionysos « fait pâlir » le feu de Zeus lui-même.

Notons surtout que le feu divin de Dionysos ne consume pas les buissons sacrés qui enveloppent son corps au moment de sa naissance.

Dans un contexte différent, Moïse voit un buisson en flammes, qui ne se consume pas non plus. La Bible ne donne guère de détails sur la manière dont le buisson se comporte dans les flammes.

Philostrate, quant à lui, est un peu plus précis : une « couronne de plantes » flotte au-dessus du feu. La métaphore de la couronne fait penser à une aura, une auréole, ou encore aux lauriers ceignant la tête du héros. Sauf que Dionysos n’est pas un héros, mais un Dieu.

L’idée de plantes qui brûlent sans se consumer dans un « feu » d’origine divine est contre-intuitive.

Il est possible qu’il s’agisse d’une métaphore cachée. Le feu intérieur de certaines plantes, comme le Cannabis, ou d’autres plantes psychotropes, est une sorte de feu qui affecte l’esprit, qui la brûle mais ne le consume (en général) pas. Ce feu intérieur, provoqué par des plantes capables d’induire des visions shamaniques et même des extases divines, est l’une des plus anciennes voies d’accès à la contemplation des mystères.

C’est l’une des plus précieuses leçons des expériences rapportées par les shamans d’Asie, d’Afrique, ou d’Amérique.

Qu’est-ce qui explique la puissante affinité entre plantes psychotropes, neurochimie du cerveau humain et ces visions extatiques, divines ?

Pourquoi la chimie du cerveau est-elle capable d’engendrer la vision du Dieu, à partir de stimulations ?

Pourquoi le principe actif du cannabis, leTHC (Δ9 – tétrahydrocannabinol), est-il capable, en se fixant sur les récepteurs CB1 et CB2 de livrer l’homme à l’extase, et à la vision du divin, dans certaines conditions?

Les nouveaux moyens d’investigation du cerveau devraient pouvoir être mis à contribution pour détecter les régions cérébrales activées pendant ces visions.

Il y a deux grandes catégories d’hypothèses.

Soit le mécanisme psychotrope est entièrement interne au cerveau, dépendant seulement de processus neurobiologiques, qui peuvent s’emballer hors de toute mesure, lorsqu’ils sont en quelque sorte bouclés sur eux-mêmes.

Soit ces processus neurobiologiques ne sont en réalité qu’une façade, plus ou moins façonnée tout au long de l’évolution du cerveau humain. Ils cachent ou révèlent, suivant les cas, notre perception directe d’un monde encore mystérieux, un monde parallèle, en général inaccessible à la sensibilité et à la conscience.

Les processus neurochimiques désinhibés par le THC libèrent le cerveau, et lui donnent pendant l’extase la possibilité d’accéder à un méta-monde, habituellement voilé, mais bien réel, existant de façon indépendante de la conscience humaine.

La neurochimie du Cannabis ne génère alors pas de « visions » par elle-même ; elle n’est qu’une clé qui ouvre la conscience sur un monde inaccessible, la plupart du temps, aux faibles capacités humaines.