Civilisation, démoralisation et paralysie

 

Un poète a écrit : « Dans une société de grande civilisation, il est essentiel pour la cruauté, pour la haine et la domination si elles veulent se maintenir, de se camoufler, retrouvant les vertus du mimétisme. Le camouflage en leur contraire sera le plus courant. C’est en effet par là, prétendant parler au nom des autres, que le haineux pourra le mieux démoraliser, mater, paralyser. »

Ces lignes de Henri Michaux datent de 1981. Je m’appuie sur elles pour en déduire que la civilisation moderne ne veut pas « se maintenir », qu’elle se sait fugace. En elle la haine, mimétique, ne se camoufle pas parce qu’elle n’a pas besoin de le faire. La cruauté affleure partout, elle habite le fond de l’air, elle vibre entre les lignes, dans les sous-entendus, dans la grimace des passants.

La domination n’a plus besoin de mimer son contraire. La démoralisation et la paralysie ont fait leur œuvre.

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