La voie « extatique »


Les anciens Égyptiens honoraient les mystères d’Osiris, les Grecs vénéraient ceux de Delphes, d’Éleusis et de Samothrace. D’autres mystères ont été célébrés, ailleurs, à Sumer, en Transoxiane, dans le bassin de l’Indus, mais aussi, depuis des temps immémoriaux, lors de séances chamaniques, dans les toundras sibériennes, dans les forêts amazoniennes, dans les déserts nord-américains…

De par le monde, dans la suite des temps, des chamanes d’Asie centrale et du Nord, des sorciers africains, des prêtres védiques, des saints bouddhistes, des mystiques juifs, chrétiens ou soufis, et des «initiés» de toutes obédiences, ont vu, chacun selon sa voie et ses moyens, se déployer dans leur esprit des pans épars d’un voile vivant, découvrant ou révélant l’un des innombrables visages du Mystère.

Dans leur ferveur, pendant leur extase, ces prêtres, ces saints, ces mystes, ces élus, ces initiés, n’ont sans doute pas pu prendre toute la mesure de son essence, infinie, ineffable. Ce n’est en rien diminuer le mérite de leurs expériences que de dire qu’ils n’ont jamais eu, en somme, que de puissantes mais brèves illuminations de la conscience, élevant certes celle-ci fort haut en direction de l’Absolu, mais toujours à la condition d’un retour ultérieur à la réalité d’ici-bas. Ils ont dû, peut-être, convenir alors, dans leur for intime, qu’ils avaient en fait été confrontés, n’en pouvant mais, à un Infini réellement infini, un Infini vraiment vivant, un Infini se dépassant infiniment de lui-même, en lui-même, pour lui-même, toujours.

Aujourd’hui, les modernes, surtout « occidentaux », ne croient plus tellement au divin, ni à ses saints. Ils ont d’autres soucis, liés à une civilisation matérialiste, nominaliste, positiviste. Pour les alléger transitoirement, ce n’est pas qu’ils ne succombent pas d’ailleurs à l’attrait occasionnel ou addictif de l’herbe, du shit ou de la cocaïne. Mais ils ne pensent pas généralement avoir besoin de champignons chamaniques, ni de pratiques extatiques. Ils n’envisagent ni n’espèrent des visions divines, ou des révélations métaphysiques.

Mais si les modernes ne croient plus à l’extase, n’en auraient-ils pas en fait davantage besoin, plus que jamais ? Pour pallier leur manque de visions et leur absence de révélation, ne devraient-ils pas être tentés, au moins en théorie, d’en savoir plus sur ce que recouvrent des expériences plurimillénaires conduisant à des ravissements extatiques, ou encore ces transports chamaniques, parfois facilités par l’ingestion rituelle de traditionnelles substances psychotropes, lors de rigoureuses initiations. Ne devraient-ils pas chercher à en savoir plus, tenter de percevoir ce dont elles ont été, sont et seront capables, et surtout à quoi elles servent d’intermédiaires, — la révélation, ou même la présence, du Mystère?

Les bien-pensants, confits de certitudes, refusent a priori, instinctivement, la facilité (perçue) des extases « provoquées » et condamnent la « décadence spirituelle » qu’elles semblent dénoter et impliquer. Ils sont choqués que les barrières à l’entrée du grandiose Temple des mystères, l’accès à la source des commencements originaires et à la vision des fins dernières, puissent s’ouvrir si aisément lors de la « consommation » de telles ou telles plantes psychotropes.

Comment concevoir que des plantes naturelles, il est vrai « psychoactives », puissent initier quiconque, en quelques heures, apparemment sans mérite supposé, à ce dont toutes les religions, depuis l’aube des temps, ont tenté aussi d’approcher, précautionneusement, par leurs rites, leurs dogmes et leurs traditions ?

Quel inconcevable abaissement du « niveau » exigé pour entrer en présence de la divinité suprême ! Quelle subversive abolition des lois et des œuvres, que cet accès direct au plus haut des cieux !

Quel scandale, quelle folie, que ces (« soi-disant », disent-ils) visions de la lumière infinie et ces révélations des mystères cosmiques, dispensées de façon si gratuite, si imméritée, si aléatoire !

Comment se peut-il que de simples plantes, disposant certes de principes actifs (désormais dûment étudiés et même chimiquement reproductibles), de simples plantes répandues dans la nature, dans le monde entier, puissent si aisément faire naître dans les cerveaux l’indescriptible, l’ineffable, l’extase ?

Comment et pourquoi des plantes « naturelles » entretiennent-elles ce rapport de proximité, et même de causalité, avec l’obtention de ce que l’on pourrait appeler une profusion de « grâce naturelle » ?

C’est un fait que tout le monde « peut », sinon devenir chaman, du moins faire l’expérience de l’extase de type chamanique.

Il faut ici redire, avec Mircéa Eliade, que la ‘possession’ par les esprits, documentée scientifiquement par l’anthropologie, est un autre aspect du chamanisme, qui a son importance, mais qui ne semble pas en être le phénomène essentiel. La visée suprême du chaman est bien d’abandonner (provisoirement) son corps, puis de s’élever au « ciel », ou bien de descendre en « enfer », ces deux termes n’étant que de bien pauvres métaphores, aussi éloignées de la réalité vécue que le caniche qui aboie diffère de la constellation Canis Major (le « Grand Chien »).

On peut comprendre que le chaman qui entreprend son « voyage », lequel peut n’être pas sans danger, n’a aucun intérêt à se laisser ‘posséder’ par des esprits, des démons ou des âmes de morts. Il peut en recevoir une forme d’assistance, à la rigueur, mais il aspire plutôt à les maîtriser, ces esprits ou ces « daimon », à les dépasser complètement, à monter bien plus haut, toujours plus haut, pour atteindre quelque septième ou quelque neuvième ciel, et découvrir que ce ciel ultime, justement ne contient lui-même aucune limite, et s’ouvre encore.


Dans leurs transes, les chamans partent pour un voyage lointain – vers des cieux toujours plus ultimes, où ils disent,, à leur retour que « réside » un Dieu, le Dieu suprême. Peut-être faudrait appeler ce Dieu par des euphémismes, ou des attributs, comme le « Divin », le « Brillant », «le « Nom » (ha-Chem), ou seulement « Lui » (huwa), faute de meilleures expressions.

Pourquoi, d’ailleurs , une telle supra-entité « résiderait-elle » ici ou là? Car ce « Dieu », ce « Lui », n’est pas le Dieu d’un « lieu ». De plus, on peut arguer qu’il ne peut « résider », ou « demeurer », puisque toujours il « devient ».

Enfin, il n’est pas nommable. Il n’est ni « le Nom », ni « Lui », « Il » ou « Elle », ou « Cela ». Il n’est pas distinctement dicible, ni grammaticalement formulable, en quelque langue, « sacrée » ou non, que ce soit.

L’extase chamanique en elle-même, par laquelle on est amené à saisir une extrêmement petite part de cette réalité, essentiellement insaisissable par quelque grammaire que ce soit, n’est en soi ni agréable ni désagréable. Elle se situe sur un tout autre plan. La félicité ou la panique dans laquelle l’extase peut plonger « l’extatique » n’est qu’un à côté accessoire, secondaire, par rapport au fait même de l’extase, sa substance interne, par rapport à ce qu’elle révèle, et qui restera désormais marqué au fer rouge, pour toujours, au fond de la conscience, comme un absolu appel, une déchirure dissolvant toutes les apparences et les préconceptions.

Lorsqu’on est en état d’extase, l’âme semble fort loin du corps, elle se déplace rapidement et s’éloigne de ce monde-ci de plusieurs niveaux de réalité à la fois. Elle se sépare successivement de diverses épaisseurs de « cieux » : trois cieux (selon S. Pauli), sept (disent certains chamans) ou même neuf (dans certaines extases tibétaines et bouddhistes). Ces témoignages sont apparemment divergents, mais au fond convergent sur l’essentiel.

Qui contrôle le « vol » extatique ? Est-ce le « moi », avec sa conscience ? Est-ce le « Soi » et le « subconscient » ? Ou est-ce, de manière plus subtile, une combinaison de conscience alerte, de subconscience sapientiale, d’inconscience en veille souterraine, accompagnées de surcroit de la présence protectrice de quelques « puissances » psychiques, démoniques, angéliques?

Je ne saurais le dire, mais je penche pour la troisième hypothèse.

Ce qui est sûr, c’est qu’il ne fait certes pas nuit noire sous le soleil de ces cieux silencieux, si éblouissants.

On ne cesse, dans l’extase, de découvrir toujours davantage des réalités que l’on n’a jamais vues ou seulement imaginées. Malgré leur profond génie, Homère, Virgile, Dante ou Milton n’en ont rendu qu’une infime parcelle, une piètre part. Leurs mots sont presque vides de sens face à la plénitude du Sens. Mais au moins leurs mots, leurs images, sont présents, dans notre mémoire ou notre inconscient, et servent de phares et d’amers dans l’océan déchaîné de l’esprit, non pour dire ou exprimer ce qui est en soi indicible et ineffable, mais au moins pour permettre, pendant l’orage absolu, d’évoquer subliminalement comment le soi se rappelle être le « soi », avec son souvenir de ce qui fut vécu, l’expérience de ce qui se vit là et maintenant, et qui, désormais, fera aussi partie de tout ce qui se vivra, dans l’avenir.

La Vérité ultime contient cette incise que toute la vérité est toujours ouverte que ce qu’elle révèle.

Sa Voie est infinie, sa Vie vivifie toute vie, et elle se vivifie elle-même, comme un suc s’affine, un esprit se délie, une âme se délivre.

L’extase, l’émerveillement, la félicité, ce n’est jamais qu’un commencement, une renaissance, et tout reste à vivre, et cette vie en puissance n’aura pas de fin.

Tout cela, on le conçoit, est difficile à croire, et plus difficile encore à comprendre. Mais c’est un fait. Cela fait partie de la nature humaine, et tous, nous passerons par cette voie étroite, per angusta, innocents ou coupables, humbles ou orgueilleux, sages ou fous, et nous devrons vivre à nouveau, de cette vie nouvelle, qui n’a que peu de rapport avec la vie ici-bas, sauf peut-être, la vision, le désir, l’amour et le rêve.

Chacun des humains extatiques qui en ont fait l’expérience vit l’extase à sa manière, et jamais deux fois de la même façon. L’extase est l’essence même du chamanisme, comme elle l’est la lumière du yoga, l’illumination du bouddhisme, la révélation du mystique, l’incandescence du soufisme.

L’extase, le phénomène humain par excellence, ouvre et dévoile la voie, celle qui s’élève, elle révèle la voix, qui parle en vérité. Les Védiques l’appelaient वाच् (vāc), les Hébreux דְבַר (devar), les Grecs λόγος (logos). Mais ce ne sont là que des mots. La vraie voie, la vraie voix, les précèdent en silence.

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i2 Co 11, 30 – 12, 10

Free Will, the Self and Quantum Theory


« Benjamin Libet »



In the 1970s, the neurologist Benjamin Libet sought to determine the precise timing between conscious awareness of a voluntary decision and electrical activity in the brain.i

Common sense normally expects that the awareness of a decision to act precedes the neural activity allowing the action itself. The very surprising result of Libet’s experiments is that it seems to be the opposite…

These experiments, which are now famous, involved the observation of the temporal link between the subjective sensation associated with the decisional « threshold » (the moment of « awareness » of the decision) and the neural activity associated with the motor movements that are supposed to follow this decision.

The results of Libet’s experiments, which are highly paradoxical and have been confirmed many times, have been commented on by neuroscientists, mostly as a confirmation of the internal autonomy of the brain with respect to consciousness, and subsequently as a confirmation of the absence of free will…

These results can be summarized as follows: unconscious cerebral events precede by a time that can vary from several tenths of a second to several seconds, the conscious sensation of having made a voluntary decision to perform a motor action (for example, pressing a button)ii.

These « unconscious brain events » are observable in the form of electrical potentials, called « readiness potentials » or « premotor potentials ». These electrical potentials measure the activity of the motor cortex and of the brain region involved in the preparation of voluntary muscle movements.

For most commentators, Libet’s experiments confirm the absence of any human free will, because, according to them, they highlight the fact that the brain itself autonomously produces « preparatory potentials » for motor movement before the decision to act reaches consciousness.

Everything happens, therefore, as if the « consciousness of acting » were a simple « illusion », consecutive to the decision taken unconsciously by the brain itself, independently of any conscious involvement of the subjectiii.

In other words, unconscious neurological processes would first provoke the motor act (its preparation and initialization) and then the « conscious » sensation in the subject of having taken the decision to act, by his own (« conscious ») will.

The general conclusion drawn by Libet from these observations is that brain processes determine decisions, which are then perceived as subjective by the brain through the phenomenon of consciousness.

Libet does, however, consider the notion of a veto – the ability of « consciousness » to block an act that is being prepared or even already committed – as possible. This would be the only space of free will or « free will » that remains at the disposal of « consciousness », that of blocking the action, always possibly possible in the very short time (a few hundred milliseconds) that takes place between the subjective perception of the decision and the execution of the act itself.

The deterministic interpretation of Libet’s findings, culminating in the radical questioning of the idea of free will, is currently largely predominant among neuroscientists and biologists. Biologist Anthony Cashmore summarizes the majority thinking by saying that belief in free will « is nothing less than a continuation of belief in vitalism »iv.

There are some skeptics, however, who still resist.

Some question the implicit assumption that decisions must be initiated by consciousness in order to be considered « free ». The idea is that ultimately free will is not related to consciousness but only to « control », and that one could assume the existence of a « pre-conscious free will « .v

Others consider that the role of the experimental context should not be neglected, in particular the conscious choice, made by the subjects undergoing the experiments, to pay special attention to bodily signals which usually remain subconscious.

On the other hand, it must be emphasized, as Alexander Wendt does, that no one really knows what « readiness potentials » are, or how they can be the cause of a behaviorvi. For example, they might only serve to present the occurrence of a choice (rather than embodying the choice itself), which would amount to saving the idea of free will.

Alexander Wendt believes that quantum perspectives potentially renew the debate around Libet’s experiments, but that precisely they have never been considered for their interpretation until now.
However, he mentions Roger Penrose’s opinion that these results show the inadequacy of the classical conception of time. Penrose suggests that Libet’s results could be explained by a kind of « retro-causation » or « advanced action » that is allowed by quantum theory.vii

For his part, Henry Stapp establishes a link between the Libet experiments and the Einstein-Podolsky-Rosen paradox on the question of non-locality. Stuart Hameroff, based on his own theory of the quantum brain, believes that « non-local temporality and the backward time referral of quantum information [advanced action] can provide real-time conscious control of a voluntary action ».viii

The most argued criticism of Libet’s results on the basis of quantum theories is that of Fred Alan Wolfix who also relies on the quantum notion of temporal non-locality. But he adds considerations related to the evolutionary advantage. Being able to sense an impending experience has an obvious value in terms of survival chances in case of danger, especially if this pre-awareness capacity allows to gain more than half a second, without waiting for full consciousness to be acquired.
Furthermore, he proposes the image of the brain as « a giant delayed choice machine ».
Finally, Wolf shows that the time-symmetric quantum perspective can explain an important anomaly in Libet’s experiment: the subjective anti-dating. In fact, not only does the quantum perspective account for it, but it predicts it.

Concluding his study on this question, Alexander Wendt clearly states his rejection of deterministic and materialistic theories: « So my point is not that human behavior cannot be made more predictable – more ‘classical’ – through coercion, discipline, or incentives, but rather that no matter how successful such schemes are, there is a spontaneous vital force in the human being that fundamentally eludes causal determination »x.

Would Wendt demonstrate « vitalism »?
I would opt for the belief in an irreducible entity, present in the depths of the human being.
By consulting the multi-millennial traditions of humanity, one can note the multiple ways in which one has given an account, since the dawn of humanity, of this irreducible entity, constitutive of our deepest being, this absolute, secret, hidden, abyssal entity, which stands in the depths of the being, and which is infinitely more original than what we call the « me », or the « consciousness ».

The Veda calls it ātman, the Hebrew Bible uses several words, which have their own nuances, נִשְׁמַת (neshmah), נֶפֶשׁ (néfèsh), רוּחַ (rouaḥ), the Greeks speak of νοῦς (noûs) and  ψυχή (psyche).

To make an image, we could call it the « self », the « soul », or the « fine point of the spirit ». The word is not the most important thing, it is the idea itself that is important, – the idea that all cultures have known how to express it in their own way, by means of words that have all in some way their own genius.

Only modern science, positivist, causalist (but also with a strong materialist and determinist tendency) has not only no word but no conception of this « entity », by nature immaterial (thus obviously escaping EEG, fMRI, PET Scan, TMS…), and above all conceptually elusive in the frame of reference of science, namely the experimental and rationalist epistemology.

I would only like, in the framework of this short article, to indicate briefly, but forcefully, that the results of Libet’s experiment could perfectly well be interpreted in a way that is radically opposed to the conventional interpretation (causalist, materialist, physicalist… and determinist).

Let us assume for a moment, for the purpose of establishing my hypothesis, that:

Far below the immense, abysmal depths of consciousness, far beyond even that underlying continent, the Unconscious, which Sigmund Freud and C.-G. Jung, the first explorers, the first cartographers, only scratched the surface of, there exists, for each of us, an entity that I will call « ι » (the Greek iota).

Why this name?

This entity, named  » ι « , summarizes in a way a great number of concepts already consecrated by the tradition.
A few expressions can be quoted, chosen in their multiplicity: scintilla animae (« spark of the soul »), scintilla conscientiae (« spark of the conscience »)xi, « fine point of the soul » (Teresa of Avila), « living flame » or even « hair » (John of the Cross)xii.

In De Veritate, Thomas Aquinas states: « Just as the spark is the purest thing in fire and the highest thing in the judgment of the conscience ».xiii

Master Eckhart also uses the image of the spark, but to refine it by reducing it to freedom itself, freedom seen as an absolutely one and simple entity:
« This little stronghold of the soul, I said it was a spark, but now I say this: it is free of all names, devoid of all forms, absolutely uncluttered and free, as God is uncluttered and free in himself. He is as absolutely one and simple as God is one and simple. »

Francis de Sales speaks of « the point of the spirit », « the depth of the soul » or « the high region of the spirit ».

To gather this bundle of approaches, in a simple and unique image, I propose to concentrate them in this  » ι « , this Greek iota. Totally immaterial, infinitely elusive,  » ι  » is the initial spark that makes you yourself, and not another. It is the first germ around which the successive layers of consciousness and being have slowly accumulated, since conception, and which have not ceased, day after day, to grow, to unfold, to become more complex by epigenesis. This  » ι  » is the tiny seed, resisting to all the storms, to all the winds, to all the storms, and which, stubborn, trusting, ineradicable, pushes at every moment in the solitude of its own I-ness. This  » ι  » remains , as I remain. The  » ι  » remains, but in order to leave, to fly towards the top, towards the elsewhere, towards the absolutely-other.

Let us consider now the relation between the  » ι « , the consciousness and the (neuronal) brain.

The  » ι  » holds under its calm glance the whole of the abysses of the unconscious, just like the lapping of the consciousness. The  » ι  » is alive, the very spark of the life. The  » ι  » lives and wants, freely. There is no one freer than him. What « ι » really wants, God also wants, I would even say. It is their very alliance.

What happens then in a human brain, when the « ι » of such and such a particular person, starts to « want », either to escape in urgency from a hungry tiger, or to dedicate himself to some distant goal, or to participate in a neurological experiment of the good professor Libet?

Well, the « ι » enters in quantum resonance (in a non-local and intricate way) with the whole of the receptors of its « body » (for example the micro-tubules whose putative role in the emergence of consciousness we owe to Roger Penrose and Stuart Hameroff).
This results in a rapid mobilization of the « preparation potentials », the premotor potentials acting on the motor cortex, and a parallel mobilization of the « consciousness » initiating centers (there are several of them, which function in parallel, but which are activated in conscious mode only when necessary, often remaining in subconscious mode, and most of the time in unconscious mode)

Here is my provisional interpretation of Libet’s experiments: the fact that the activation of the preparatory potentials precedes by 350ms the sensation of « awareness » has no meaning in relation to the hidden, undetectable, but implacably prevalent presence of the « ι ».

The  » ι  » is there. It watches. It wants. It lives. It always lives.

All the rest, the microtubules, the neurons, the cortex, the self, the consciousness, are simply its devoted, more or less obedient, skillful or sleepy, servants.

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iBenjamin Libet (1985), « Unconscious Cerebral Initiative and the Role of Conscious Will in Voluntary Action », The Behavioral and Brain Sciences, 8(4), 529-566. Benjamin Libet (2004), Mind Time, Harvard University Press, Cambridge, MA.

iiBenjamin Libet found that the readiness potential appears 350-400ms before the awareness of the intention to act and 550ms before the initiation of the act itself.

iiiCf. Daniel Wegner (2002). The Illusion of Conscious Will, MIT Press, Cambridge MA.

ivQuoted by Sven Walter, « Willusionism, Epiphenomenalism and the Feeling of the Conscious Will », Synthese, 191(10), 2215-2238

vCf. Alexander Wendt. Quantum Mind and Social Science. Cambridge University Press, 2015, p. 186, Note 59.

viAlexander Wendt. Quantum Mind and Social Science. Cambridge University Press, 2015, p. 186

viiRoger Penrose (1994), Shadows of the Mind : A Search for the Missing Science of Consciousness, Oxford University Press, p. 383-390

viiiStuart Hameroff, « How Quantum Brain Biology Can Rescue Conscious Free Will », Frontiers in Integrative Neuroscience, 6, article 93, p. 14, quoted buy Alexander Wendt. Quantum Mind and Social Science. Cambridge University Press, 2015, p. 187

ixFred Alan Wolf (1998), « The Timing of Conscious Experience », Journal of Scientific Exploration, 12(4), 511-542

xAlexander Wendt. Quantum Mind and Social Science. Cambridge University Press, 2015, p. 188

xiA term coined by Jerome of Stridon

xii« The hair is the will of the soul ». John of the Cross. Spiritual Canticle B, 30,9

xiiiThomas Aquinas, De Veritate, 17, art. 2, ad. 3