
Va! Occupe-toi de ce qui te regarde! Quels sont ces cris, pourquoi ces clameurs? Quant à moi, mon esprit a quitté cette voie. Toi, que t’est-il arrivé? Sa lèvre sèche ne m’amène pas à mes désirs. Sa sagesse est un vent à mes oreilles. Sa taille subtile s’est créée de rien ; elle n’est plus qu’un point, et nul ne l’a jamais dénouée. L’oublié de ses allées a évité les vertes vallées ; esclave de son amour, il est libre des mondes, il a laissé les antres et les avens. L’éclat et l’ivresse ont ruiné ma paix ; mais ses fondations sont profondes. Je ne geins ni ne gémis, ne pleure ni ne murmure. Le sort est là, ce soir, et ce matin, le destin. J’ai plus de songes que de souvenirs, d’envoûtements que de divinations, de visions que d’illusions.
Va, ne dis rien, ne raconte pas tes rêves, ni n’entonne quelque incantation.
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Explication: j’ai voulu gloser sur un thème peu connui, lui donner une tonalité nouvelle, une résonance autre. Lui tendre un voile, armer un esquif. Choisir quelques mots clairs, des liens induits, une espèce de musique, sans insister, sans persister, sans résister non plus à l’appel de possibles sas, à l’invite d’issues voilées de clisses et de claies.
iCf. le ghazal 36 du Diwân de Hâfez qui l’effleure.
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