
« L’allégresse du sang, la douceur des fruits du sang.
Plongez-vous-y et noyez-y votre propre volonté, sinon vous seriez un infidèle.
Noyez-vous dans le sang, baignez-vous dans le sang, et enivrez-vous de sang, et rassasiez-vous de sang, et revêtez-vous de sang.
Lavez ces yeux de sang.
Devenez reconnaissant dans le sang.
Puisez la justice dans le sang, avec les yeux de l’intelligence, voyez-la dans le sang.
Dans la chaleur du sang dissipez la tiédeur, et que dans la lumière du sang précipitent les ténèbres.
Je veux me vêtir de sang.
Moi, je veux du sang, et c ‘est dans le sang que je satisferai mon âme.
Je veux avoir le sang pour compagnon. Ainsi je trouverai le sang et les créatures, je boirai leur affection et leur amour dans le sang. Ainsi en pleine guerre je goûterai la paix, dans l’amertume, la douceur.
Plongez-vous dans le sang et réjouissez-vous, car moi, je me réjouis dans la sainte haine de moi-mêmei. »
… A lire ces lignes, écrites il y a sept cent ans, je pense à tous ceux qui font aujourd’hui couler le sang, et qui s’en réjouissent, et qui ne savent même pas qu’ils se haïssent eux-mêmes d’une haine infinie, et qui ne finira pas.
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iCatherine de Sienne. Lettre CII. A Raymond de Capoue. Trad. Louis-Paul Guigues. Seuil, 1953, p. 843-845
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