8ème jour
Le Livre des morts est incontournable pour qui s’intéresse aux « mystères ». J’y reviendrai, comme on revient à une bonne auberge. Aujourd’hui je voudrais évoquer le papyrus funéraire de Soutimès qui fut l’objet d’une publication savante en 1877 à Paris par P. Guieysse et E. Lefébure. Au chapitre 17 du papyrus on trouve ce surnom d’Osiris : « amen-ran-f » soit : « mystérieuse est sa personne ». Et un peu plus loin, cet autre nom : « nef-u-f-m-set », ce qui est traduit par : « son souffle est de feu ».
Suivant cette idée, et pour varier un peu les angles d’approche, je cherche ce qui a été publié sur les morts, plus récemment. C’est un parcours chaotique, je le sais bien. Mais c’est une katabase qui est ici entreprise. Et tout sert. J’ouvre le livre de Pierre Reverdy, Le chant des morts. Je note ce vers : « De ces visages nus ensoleillés par la douceur ».
Retour à l’Égypte. Dans le Livre des morts , il y a le chapitre 125, intitulé « Entrer dans la salle de vérité et séparer l’homme de ses péchés afin qu’il voie la face des dieux. » Je note une invocation aux quarante deux assesseurs d’Osiris, qui sont autant de « noms » du Dieu. Mais ce qui pique ma curiosité bien davantage, c’est de constater que l’âme du défunt, n’importe quel défunt, vous ou moi, le pharaon, le scribe ou l’esclave, est amené à déclarer fièrement devant l’assemblée des dieux : « Je suis l’Osiris N. croissant sous les fleurs du figuier. »
Il y a bien d’autres attributs que l’Osiris N. doit réciter par cœur pour se voir admis au sein des ses pairs. Je vous les épargne. Mais ce sont ces fleurs, ce figuier-là qui singulièrement me touchent.