Brèves consciences, 4


« L’homme au chapeau melon ». Magritte

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L’inconscient contient et maintient tous les mondes. La conscience est appelée à aller au-delà.

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La conscience se meut comme l’éclair, vive, légère, ou bien reste immobile, lourde, lente, – du soupir à la gorge, de la douleur à l’épaule, de l’iris à l’ongle, de la papille au nez, de la paume au cœur, de la lèvre à la jouissance, de la mémoire au pas, du rêve au théorème, de l’acte à son absence, de la vérité à l’idée.

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Nous avons gagné en naissant une conscience issue de notre inconscient. En mourant, nous hériterons aussi de l’inconscient de toutes les consciences.

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Il faut observer les lumières que l’on croit posséder sur le moi. La connaissance de leurs ombres, fût-elle infime, mène au soi. Elle est le démon du moi, le divise, le multiplie, l’additionne, le soustrait et l’exhale.

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La peur inconsciente épure.

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Les malaises vagaux, – répétitions générales de la mort immédiate, vague immédiatement avortée.

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La conscience et l’inconscient : le dos et son fardeau, l’aveugle et le paralytique.

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Souffrances, maux, contrariétés, infirmités, induisent une perte partielle de la conscience générale, un évidement local. En contrepartie, on gagne un grain d’ultra-conscience, une fixation éblouie sur un détail.

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Après la mort, le moi s’extasie, sans se dissoudre, aux dimensions du soi. L’âme re-née vagit. Et la vie la ravit. Tout est autre, à la vérité, mais on reste le même. Vaste programme, dont l’infini sait le secret.

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La substance du moi, c’est le soi, en puissance. Alors rien n’est impossible. La substance du soi, c’est le mystère en acte. Alors tout est possible.

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Avant d’être, on a la chance de naître. Avant de renaître, on a eu la chance d’être. Avant de « *** », on aura eu la chance de renaître.

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Le mot « *** » appartient à une langue sans grammaire, sans dictionnaire, sans racine, mais non sans inconscient. Cette langue, très vivante, ne cesse de s’inventer, elle se pense au moment où elle se parle. Elle ne se tait jamais.

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La vie, c’est gagner sur le vide, et perdre sur le temps.

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La conscience est un peu moins inconcevable que son contraire.

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Pas le moindre signe de non-réalité nulle part. Tout est beaucoup trop plein.

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L’esprit de sérieux : « Extase de la chrysalide. Enfin pouvoir papillonner ».

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Conscient, je suis aveugle à l’inouï. Inconscient, je suis sourd à ses cris.

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La foi est la paresse de la voie.

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Dès que la conscience se met à vivre, elle se substitue à tout ce qui n’est pas elle.

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« Dieu » n’est pas une solution. Tout reste à inventer. Pour « Lui » aussi.

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